Nouvelle variation sur « pas mon genre »

Nouvelle variation sur « pas mon genre » 

 

Cette fois, c’est Philippe Ridet qui s’y colle !

Mon talentueux confrère du Monde (que j’avais eu l’occasion de croiser lors d’un déplacement de Nicolas Sarkozy aux Antilles) a signé hier une chronique —« Qu’est-ce que j’peux faire, j’sais pas quoi faire » — dans laquelle il redoute la dépression post-électorale.

Sa conclusion : « Drôle d’élection présidentielle, vraiment, qui nous laisse amer et désœuvré, comme après une rupture, mais déjà impatient de revivre une nouvelle histoire. Mystères de la passion. Et dire que nous avons gâché des mois de notre vie, que nous avons voulu que tout s’arrête pour une campagne qui ne nous plaisait pas et qui n’était même pas notre genre. Bon, vous aurez reconnu, légèrement remaniée, la fin de Du côté de chez Swann. Rien n’interdit de pomper les bons auteurs. »

 

Bien sûr que nous avons reconnu cette réflexion amère de Swann sur Odette : « Dire que j’ai gâché des années de ma vie, que j’ai voulu mourir, que j’ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n’était pas mon genre ! »

 

Par deux fois, déjà, j’avais cité un autre confrère (et ami), Claude Askolovitch, familier de la formule — la première pour le saluer, la seconde pour me moquer gentiment de son radotage.

 

Mais, c’est vrai, comme le dit Ridet, quitte à piquer des formules autant que ce soit de belles.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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