La victoire revient à…

La victoire revient à…

 

Vous avez été valeureuses et valeureux ! La participation fut exemplaire et la lutte serrée.

Ce 7e quizz n’a pas manqué de chausse-trapes (deux réponses pour les fleurs en pot d’Oriane et aucun roi allemand non cité — du coup, j’ai dû mettre des demi-points) mais votre connaissance de la Recherche m’a une fois de plus épaté.

Dans mon cœur, chacune et chacun peut se dire vainqueur, mais puisqu’il faut un classement, le voici :

La victoire revient à Gisèle (28,5/29), suivie de Thierry (28/29), Clopine (26,5/29), Fetiveau (22,5/28), Marcelita (21/27). Avec 10,5/29, Youille s’adjuge la mention du lève-tôt. Quant à Claude (10/12), il obtient un accessit d’encouragement pour le 8e quizz — déjà rédigé et prévu pour août !

Bravo et merci à toutes et tous. Chapeau à Gisèle qui ne s’est pas contentée de frôler la première marche…

 

Pour l’anecdote, vous avez failli ne pas connaître ces résultats, le Puceron s’ingéniant à mordiller mon stylo pendant mes calculs.

 

En guise de cadeau, cette photo des épines roses de la Védière au bord du Loir.

(Photos PL)

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

Quizz VII

 

1

Lequel de ces mots n’est-il pas dans la Recherche ?

1) Copiateur, 2) escroqueur, 3) patoiseur

2) Escroqueur, mais il existe au féminin : *le public dit : « Vous ne la connaissez pas ? je vous en félicite, elle a volé, ruiné je ne sais pas combien de gens, il n’y a pas pis que ça comme fille. C’est une pure escroqueuse. Et roublarde ! » III

Copiateur est un néologisme inventé par Proust : *[Françoise :] « Tous ces gens-là, vous n’avez pas assez de méfiance, c’est des copiateurs ». VII

*[Charlus :] Et nos poilus ! Je ne peux pas vous dire quelle saveur je trouve en nos poilus, aux petits Parigots, tenez, comme celui qui passa là, avec son air dessalé, sa mine éveillée et drôle. Il m’arrive souvent de les arrêter, de faire un brin de causette avec eux, quelle finesse, quel bon sens ! et les gars de province comme ils sont amusants et gentils avec leur roulement d’r et leur jargon patoiseur ! VII

 

2

En quelle année le portrait d’Odette travestie par Elstir a-t-il été peint ?

1) 1872), 2) 1873), 3) 1874

1) 1872

*Au bas du portrait était écrit : Miss Sacripant, octobre 1872. Je ne pus contenir mon admiration. « Oh ! ce n’est rien, c’est une pochade de jeunesse, c’était un costume pour une Revue des Variétés. Tout cela est bien loin. II

 

3

De ces trois producteurs d’asperges à Combray, lequel a les moins grosses ?

1) Mme Callot, 2) M. le Curé 3) Mme Imbert

1 ou 2) M. le Curé ou la mère Callot (les deux réponses admises)

*[Tante Léonie :] — Françoise, vous seriez venue cinq minutes plus tôt, vous auriez vu passer Mme Imbert qui tenait des asperges deux fois grosses comme celles de la mère Callot ; tâchez donc de savoir par sa bonne où elle les a eues. Vous qui, cette année, nous mettez des asperges à toutes les sauces, vous auriez pu en prendre de pareilles pour nos voyageurs.

— Il n’y aurait rien d’étonnant qu’elles viennent de chez M. le Curé, disait Françoise.

— Ah ! je vous crois bien, ma pauvre Françoise, répondait ma tante en haussant les épaules, chez M. le Curé ! Vous savez bien qu’il ne fait pousser que de petites méchantes asperges de rien. Je vous dis que celles-là étaient grosses comme le bras. Pas comme le vôtre, bien sûr, mais comme mon pauvre bras qui a encore tant maigri cette année. I

 

4

Quel n’est pas le surnom d’Elstir ?

1) Biche, 2) Fiche, 3) Tiche

2) Fiche

 

5

Qui intimide Charlus ?

1) un conducteur d’autobus, 2) un contrôleur d’omnibus, 3) un conducteur de tramway

2) Un contrôleur d’omnibus

*M. de Charlus laissa mourir une reine plutôt que de manquer le coiffeur qui devait le friser au petit fer pour un contrôleur d’omnibus devant lequel il se trouva prodigieusement intimidé. IV

 

6

Qui joue au volant ?

1) Albertine, 2) Andrée, 3) Gilberte

3) Gilberte

*en l’attendant [Françoise] je foulais la grande pelouse chétive et rase, jaunie par le soleil, au bout de laquelle le bassin est dominé par une statue quand, de l’allée, s’adressant à une fillette à cheveux roux qui jouait au volant devant la vasque, une autre, en train de mettre son manteau et de serrer sa raquette, lui cria, d’une voix brève : « Adieu, Gilberte, je rentre, n’oublie pas que nous venons ce soir chez toi après dîner. » Ce nom de Gilberte passa près de moi, évoquant d’autant plus l’existence de celle qu’il désignait qu’il ne la nommait pas seulement comme un absent dont on parle, mais l’interpellait ; il passa ainsi près de moi, en action pour ainsi dire, avec une puissance qu’accroissait la courbe de son jet et l’approche de son but ; — transportant à son bord, je le sentais, la connaissance, les notions qu’avait de celle à qui il était adressé, non pas moi, mais l’amie qui l’appelait, tout ce que, tandis qu’elle le prononçait, elle revoyait ou du moins, possédait en sa mémoire, de leur intimité quotidienne, des visites qu’elles se faisaient l’une chez l’autre, de tout cet inconnu encore plus inaccessible et plus douloureux pour moi d’être au contraire si familier et si maniable pour cette fille heureuse qui m’en frôlait sans que j’y puisse pénétrer et le jetait en plein air dans un cri ; — laissant déjà flotter dans l’air l’émanation délicieuse qu’il avait fait se dégager, en les touchant avec précision, de quelques points invisibles de la vie de Mlle Swann, du soir qui allait venir, tel qu’il serait, après dîner, chez elle ; — formant, passager céleste au milieu des enfants et des bonnes, un petit nuage d’une couleur précieuse, pareil à celui qui, bombé au-dessus d’un beau jardin du Poussin, reflète minutieusement comme un nuage d’opéra, plein de chevaux et de chars, quelque apparition de la vie des dieux ; — jetant enfin, sur cette herbe pelée, à l’endroit où elle était un morceau à la fois de pelouse flétrie et un moment de l’après-midi de la blonde joueuse de volant (qui ne s’arrêta de le lancer et de le rattraper que quand une institutrice à plumet bleu l’eut appelée), une petite bande merveilleuse et couleur d’héliotrope impalpable comme un reflet et superposée comme un tapis sur lequel je ne pus me lasser de promener mes pas attardés, nostalgiques et profanateurs, tandis que Françoise me criait : « Allons, aboutonnez voir votre paletot et filons » et que je remarquais pour la première fois avec irritation qu’elle avait un langage vulgaire, et hélas, pas de plumet bleu à son chapeau. I

 

7

Que fait Bloch après avoir lu l’article du Héros dans le Figaro ?

1) Il lui écrit pour le complimenter, 2) il lui écrit pour lui dire que c’est humiliant d’écrire dans ce journal, 3) il ne lui écrit pas

3) Il ne lui écrit pas

*C’est ainsi que Bloch, dont j’eusse tant aimé savoir ce qu’il pensait de mon article, ne m’écrivit pas. Il est vrai qu’il avait lu cet article et devait me l’avouer plus tard, mais par un choc en retour. En effet, il écrivit lui-même quelques années plus tard un article dans le Figaro et désira me signaler immédiatement cet événement. Comme il cessait d’être jaloux de ce qu’il considérait comme un privilège, puisqu’il lui était aussi échu, l’envie qui lui avait fait feindre d’ignorer mon article cessait, comme un compresseur se soulève ; il m’en parla, mais tout autrement qu’il ne désirait m’entendre parler du sien : « J’ai su que toi aussi, me dit-il, avais fait un article. Mais je n’avais pas cru devoir t’en parler, craignant de t’être désagréable, car on ne doit pas parler à ses amis des choses humiliantes qui leur arrivent. Et c’en est une évidemment que d’écrire dans le journal du sabre et du goupillon, des five o’clock, sans oublier le bénitier. » VI

 

8

Que souhaite la duchesse de Guermantes pour ses fleurs en pot ?

1) Qu’elles se dévergondent, 2) qu’elles se fécondent, 3) qu’elles se marient

1) et 3)

*— Quelle jolie fleur, je n’en avais jamais vu de pareille, il n’y a que vous, Oriane, pour avoir de telles merveilles ! dit la princesse de Parme qui, de peur que le général de Monserfeuil n’eût entendu la duchesse, cherchait à changer de conversation. Je reconnus une plante de l’espèce de celles qu’Elstir avait peintes devant moi.

— Je suis enchantée qu’elle vous plaise ; elles sont ravissantes, regardez leur petit tour de cou de velours mauve ; seulement, comme il peut arriver à des personnes très jolies et très bien habillées, elles ont un vilain nom et elles sentent mauvais. Malgré cela, je les aime beaucoup. Mais ce qui est un peu triste, c’est qu’elles vont mourir.

— Mais elles sont en pot, ce ne sont pas des fleurs coupées, dit la princesse.

— Non, répondit la duchesse en riant, mais ça revient au même, comme ce sont des dames. C’est une espèce de plantes où les dames et les messieurs ne se trouvent pas sur le même pied. Je suis comme les gens qui ont une chienne. Il me faudrait un mari pour mes fleurs. Sans cela je n’aurai pas de petits !

— Comme c’est curieux. Mais alors dans la nature…

— Oui ! il y a certains insectes qui se chargent d’effectuer le mariage, comme pour les souverains, par procuration, sans que le fiancé et la fiancée se soient jamais vus. Aussi je vous jure que je recommande à mon domestique de mettre ma plante à la fenêtre le plus qu’il peut, tantôt du côté cour, tantôt du côté jardin, dans l’espoir que viendra l’insecte indispensable. Mais cela exigerait un tel hasard. Pensez, il faudrait qu’il ait justement été voir une personne de la même espèce et d’un autre sexe, et qu’il ait l’idée de venir mettre des cartes dans la maison. Il n’est pas venu jusqu’ici, je crois que ma plante est toujours digne d’être rosière, j’avoue qu’un peu plus de dévergondage me plairait mieux. Tenez, c’est comme ce bel arbre qui est dans la cour, il mourra sans enfants parce que c’est une espèce très rare dans nos pays. Lui, c’est le vent qui est chargé d’opérer l’union, mais le mur est un peu haut. III

 

9

Par quels mots latins Charlus conclut-il une lettre au Héros ?

1) Semper amicus, 2) Semper fidelis, 3) Semper idem

3) Semper idem

*Votre fidèlement dévoué, Semper idem,

  1. G. Charlus ». VII

 

10

Que Swann soigne-t-il en mangeant du pain d’épice ?

1) De l’eczéma, 2) de l’herpès, 3) de l’urticaire

1) De l’eczéma

*Un jour que nous étions allés avec Gilberte jusqu’à la baraque de notre marchande qui était particulièrement aimable pour nous — car c’était chez elle que M. Swann faisait acheter son pain d’épices, et par hygiène, il en consommait beaucoup, souffrant d’un eczéma ethnique et de la constipation des Prophètes —, Gilberte me montrait en riant deux petits garçons qui étaient comme le petit coloriste et le petit naturaliste des livres d’enfants. I

 

11

Qui jure par « Cré nom de Dieu » ?

1) Le baron de Charlus, 2) le duc de Guermantes, 3) le prince de Guermantes

2) Le duc de Guermantes

*Le duc rappela le valet de pied pour savoir si celui qu’il avait envoyé chez le cousin d’Osmond était revenu. En effet le plan du duc était le suivant : comme il croyait avec raison son cousin mourant, il tenait à faire prendre des nouvelles avant la mort, c’est-à-dire avant le deuil forcé. Une fois couvert par la certitude officielle qu’Amanien était encore vivant, il ficherait le camp à son dîner, à la soirée du prince, à la redoute où il serait en Louis XI et où il avait le plus piquant rendez-vous avec une nouvelle maîtresse, et ne ferait plus prendre de nouvelles avant le lendemain, quand les plaisirs seraient finis. Alors on prendrait le deuil, s’il avait trépassé dans la soirée. « Non, Monsieur le duc, il n’est pas encore revenu. — Cré nom de Dieu ! on ne fait jamais ici les choses qu’à la dernière heure », dit le duc à la pensée qu’Amanien avait eu le temps de « claquer » pour un journal du soir et de lui faire rater sa redoute. Il fit demander le Temps où il n’y avait rien. III

 

12

Nissim Bernard prétend à tort que son neveu, M. Bloch est

1) Député, 2) décoré, 3) sénateur

3) Sénateur

*M. Nissim Bernard comme aurait pu faire M. Bloch le père, se faisait apporter tous ses journaux par son valet de chambre dans la salle à manger, au milieu du déjeuner, quand tout le monde était réuni pour qu’on vît bien qu’il voyageait avec un valet de chambre. Mais aux gens avec qui il se liait dans l’hôtel, l’oncle disait ce que le neveu n’eût jamais fait, qu’il était sénateur. Il avait beau être certain qu’on apprendrait un jour que le titre était usurpé, il ne pouvait au moment même résister au besoin de se le donner. M. Bloch souffrait beaucoup des mensonges de son oncle et de tous les ennuis qu’ils lui causaient. II

 

13

Le Héros compare l’héroïsme de Saint-Loup de vouloir s’exposer à la guerre aux précautions vestimentaires de son oncle Charlus qui évite de porter

1) Des chaussettes à rayure, 2) du coutil, 3) des cravates claires

3) Des cravates claires

*De même qu’en philosophie et en art deux idées analogues ne valent que par la manière dont elles sont développées, et peuvent différer grandement si elles sont exposées par Xénophon ou par Platon, de même, tout en reconnaissant combien ils tiennent, en faisant cela, l’un de l’autre, j’admire Saint-Loup demandant à partir au point le plus dangereux, infiniment plus que M. de Charlus évitant de porter des cravates claires. VII

Pour les chaussettes rayées, au contraire, le baron les affectionne :

*Un filet de vert sombre s’harmonisait, dans le tissu du pantalon, à la rayure des chaussettes avec un raffinement qui décelait la vivacité d’un goût maté partout ailleurs et à qui cette seule concession avait été faite par tolérance, tandis qu’une tache rouge sur la cravate était imperceptible comme une liberté qu’on n’ose prendre. II

Quant au coutil, il en porte à Tansonville :

*— Allons, Gilberte, viens ; qu’est-ce que tu fais ? cria d’une voix perçante et autoritaire une dame en blanc que je n’avais pas vue, et à quelque distance de laquelle un monsieur habillé de coutil et que je ne connaissais pas, fixait sur moi des yeux qui lui sortaient de la tête ; I

 

14

Quel est le sujet de l’opuscule du fils d’un ami de M. de Norpois ?

1) L’arc chez les sauvages du Monomotapa, 2) le fusil à répétition dans l’armée bulgare, 3) le sabre d’abordage dans la marine britannique,

2) Le fusil à répétition dans l’armée bulgare

*— Précisément, me dit-il [M. de Norpois] tout à coup comme si la cause était jugée et après m’avoir laissé bafouiller en face des yeux immobiles qui ne me quittaient pas un instant, j’ai le fils d’un de mes amis qui, mutatis mutandis, est comme vous (et il prit pour parler de nos dispositions communes le même ton rassurant que si elles avaient été des dispositions non pas à la littérature, mais au rhumatisme et s’il avait voulu me montrer qu’on n’en mourait pas). Aussi a-t-il préféré quitter le quai d’Orsay où la voie lui était pourtant toute tracée par son père et sans se soucier du qu’en dira-t-on, il s’est mis à produire. Il n’a certes pas lieu de s’en repentir. Il a publié il y a deux ans, — il est d’ailleurs beaucoup plus âgé que vous, naturellement, — un ouvrage relatif au sentiment de l’Infini sur la rive occidentale du lac Victoria-Nyanza et cette année un opuscule moins important, mais conduit d’une plume alerte parfois même acérée, sur le fusil à répétition dans l’armée bulgare, qui l’ont mis tout à fait hors de pair. II

Il n’est jamais question de sabre d’abordage anglais dans la Recherche et la seule évocation du Monomotapa, empire d’Afrique australe concerne une fable de La Fontaine dans À l’ombre des jeunes filles en fleurs.

 

15

Où habite le docteur Cottard ?

1) Rue du Bac, 2) rue Duroc, 3) de Lübeck

1) Rue du Bac

*[Cambremer à Verdurin :] — Quoi! le professeur Cottard ! Vous ne vous trompez pas ! Vous êtes bien sûr que c’est le même ! celui qui demeure rue du Bac ! — Oui, il demeure rue du Bac, 43. Vous le connaissez ? IV

 

16

Laquelle de ces habitantes de Combray a-t-elle un jardinier ?

1) Mme Bouillebœuf, 2) Mme Goupil, 3) Mme Sazerat

1) Mme Bouillebœuf

« Qui donc est-ce que vous avez rencontré près du Pont-Vieux, mon oncle ? un homme que vous ne connaissiez point ? — Mais si, répondait mon grand-père, c’était Prosper le frère du jardinier de Mme Bouillebœuf. — Ah ! bien, disait ma tante, tranquillisée et un peu rouge ; haussant les épaules avec un sourire ironique, elle ajoutait : « Aussi il me disait que vous aviez rencontré un homme que vous ne connaissiez point ! » I

 

17

Qu’est-ce que Swann trouve de « gentil » chez la duchesse de Guermantes ?

1) Elle n’est pas gaie 2) elle n’est pas hautaine 3) elle n’est pas snobe

1) Elle n’est pas gaie

*— Oh ! oui, la vie est une chose affreuse. Il faut que nous nous voyions, ma chère amie. Ce qu’il y a de gentil avec vous, c’est que vous n’êtes pas gaie. On pourrait passer une soirée ensemble. I

 

18

Quelle abréviation ne désigne pas le petit train de Balbec ?

1) Le B. A. G., 2) le B.C.B., 3) P.T.B., 4) le T. S. N.

3) P.T.B.

Le B. A. G., « parce qu’il allait de Balbec à Grallevast en puissant par Angerville » IV ; le B.C.B., sans explication (« l’interruption des services du B.C.B. l’obligeait à envoyer chercher les lettres et quelquefois conduire les voyageurs dans une carriole ») ; le T. S. N. « parce qu’il faisait partie de la ligne des tramways du Sud de la Normandie ») IV

 

19

Quel est le prénom de Mme Cottard ?

1) Gabrielle, 2) Léontine, 3) Sidonie

2) Léontine

Gabrielle est l’épouse d’Elstir et Sidonie celle de Verdurin.

 

20

Où M. de Norpois et le prince von *** se rencontrent-ils en Allemagne pour discuter de la paix et de la guerre ?

1) À l’ambassade de France, 2) sur l’avenue Unter den Linden, 3) dans un parc thermal

3) Dans un parc thermal

*Et même, selon une coutume ancienne, analogue à celle qui donnait au premier rapprochement de deux êtres promis l’un à l’autre la forme d’une entrevue fortuite à une représentation du théâtre du Gymnase, le dialogue où le destin dicterait le mot « Guerre » ou le mot « Paix » n’avait généralement pas eu lieu dans le cabinet du ministre, mais sur le banc d’un « Kurgarten » où le ministre et M. de Norpois allaient l’un et l’autre à des fontaines thermales boire à la source de petits verres d’une eau curative. III

 

21

Comment le valet de chambre de Charlus prévient-il le secrétaire du baron d’une visite ?

1) De vive voix, 3) par écrit, 3) au téléphone

3) Au téléphone (et en passant par une tierce personne !).

*Je venais en effet de m’apercevoir qu’il y avait vingt-cinq minutes que j’étais, qu’on m’avait peut-être oublié, dans ce salon, dont, malgré cette longue attente, j’aurais tout au plus pu dire qu’il était immense, verdâtre, avec quelques portraits. Le besoin de parler n’empêche pas seulement d’écouter, mais de voir, et dans ce cas l’absence de toute description du milieu extérieur est déjà une description d’un état interne. J’allais sortir du salon pour tâcher d’appeler quelqu’un et, si je ne trouvais personne, de retrouver mon chemin jusqu’aux antichambres et me faire ouvrir, quand, au moment même où je venais de me lever et de faire quelques pas sur le parquet mosaïqué, un valet de chambre entra, l’air préoccupé : « Monsieur le baron a eu des rendez-vous jusqu’à maintenant, me dit-il. Il y a encore plusieurs personnes qui l’attendent. Je vais faire tout mon possible pour qu’il reçoive monsieur, j’ai déjà fait téléphoner deux fois au secrétaire. » III

 

22

Lequel n’est pas le prénom des enfants de la marquise de Surgis ?

1) Arnulphe, 2) Athanase, 3) Victurnien

2) Athanase

 

23

Comment tante Léonie trouve-t-elle le vitrail de l’église de Combray ?

1) Antique, 2) sale, 3) vilain

3) Vilain

*— Monsieur le Curé, qu’est-ce que l’on me disait, qu’il y a un artiste qui a installé son chevalet dans votre église pour copier un vitrail. Je peux dire que je suis arrivée à mon âge sans avoir jamais entendu parler d’une chose pareille ! Qu’est-ce que le monde aujourd’hui va donc chercher ! Et ce qu’il y a de plus vilain dans l’église !

— Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est ce qu’il y a de plus vilain, car s’il y a à Saint-Hilaire des parties qui méritent d’être visitées, il y en a d’autres qui sont bien vieilles, dans ma pauvre basilique, la seule de tout le diocèse qu’on n’ait même pas restaurée ! Mon Dieu, le porche est sale et antique, mais enfin d’un caractère majestueux ; I

Ainsi, c’est le curé qui parle d’antique et de sale mais à propos du porche.

 

24

Qui a un cœur d’artichaut ?

1) Albertine, 2) Charlus, 3) Morel

2) Charlus

*Cependant il s’attardait encore sur le pas de la porte et demandait à Jupien des renseignements sur le quartier. « Vous ne savez rien sur le marchand de marrons du coin, pas à gauche, c’est une horreur, mais du côté pair, un grand gaillard tout noir ? Et le pharmacien d’en face, il a un cycliste très gentil qui porte ses médicaments. » Ces questions froissèrent sans doute Jupien car, se redressant avec le dépit d’une grande coquette trahie, il répondit : « Je vois que vous avez un cœur d’artichaut. » Proféré d’un ton douloureux, glacial et maniéré, ce reproche fut sans doute sensible à M. de Charlus qui, pour effacer la mauvaise impression que sa curiosité avait produite, adressa à Jupien, trop bas pour que je distinguasse bien les mots, une prière qui nécessiterait sans doute qu’ils prolongeassent leur séjour dans la boutique et qui toucha assez le giletier pour effacer sa souffrance, car il considéra la figure du baron, grasse et congestionnée sous les cheveux gris, de l’air noyé de bonheur de quelqu’un dont on vient de flatter profondément l’amour-propre, et, se décidant à accorder à M. de Charlus ce que celui-ci venait de lui demander, Jupien, après des remarques dépourvues de distinction telles que : « Vous en avez un gros pétard ! », dit au baron d’un air souriant, ému, supérieur et reconnaissant : « Oui, va, grand gosse ! » IV

 

25

Qu’est-ce qui n’est pas « fluviatile » dans Du côté de chez Swann ?

1) Un lieu, 2) une montagne, 3) un pays, 4) une région

2) Une montagne

*la nostalgie d’un pays montueux et fluviatile

*un fragment de cette région fluviatile

*sur la route de ces lieux fluviatiles et poétiques

26

Quel souverain d’États allemands n’est pas évoqué ?

1) Le roi de Bavière, 2) le roi de Hanovre, 3) le roi de Prusse

Aucun. Ils sont tous présents dans la Recherche !

 

27

Que fait la sœur du liftier de Balbec avant de quitter un hôtel ?

1) Elle crache entre les draps, 2) elle se soulage dans un meuble de rangement, 3) elle vide un pot de chambre sur le parquet

2) Elle se soulage dans un meuble de rangement

*Elle ne quitte jamais un hôtel sans se soulager dans une armoire, une commode, pour laisser un petit souvenir à la femme de chambre qui aura à nettoyer. Quelquefois même, dans une voiture, elle fait ça, et après avoir payé sa course, se cache dans un coin, histoire de rire en voyant rouspéter le cocher qui a à relaver sa voiture. IV

 

28

Qu’est-ce qu’un antiphonaire ?

1) un marchand ambulant, 2) un recueil de chants liturgiques, 3) une voiturette

2) Un recueil de chants liturgiques

*une marchande de quatre-saisons, poussant sa voiturette, usait pour sa litanie de la division grégorienne :

À la tendresse, à la verduresse

Artichauts tendres et beaux

Arti..— chauts

bien qu’elle fût vraisemblablement ignorante de l’antiphonaire et des sept tons qui symbolisent, quatre les sciences du quadrivium et trois celles du trivium. V

 

29

Quels quatuors de Beethoven sont-ils cités ?

1) XI, XII, XIII, XIV, 2) XII, XIII, XIV, XV, 3) XIII, XIV, XV, XVI

2) XII, XIII, XIV, XV

*Ce qui est cause qu’une œuvre de génie est difficilement admirée tout de suite, c’est que celui qui l’a écrite est extraordinaire, que peu de gens lui ressemblent. C’est son œuvre elle-même qui, en fécondant les rares esprits capables de le comprendre, les fera croître et multiplier. Ce sont les quatuors de Beethoven (les quatuors XII, XIII, XIV et XV) qui ont mis cinquante ans à faire naître, à grossir le public des quatuors de Beethoven, réalisant ainsi comme tous les chefs-d’œuvre un progrès sinon dans la valeur des artistes, du moins dans la société des esprits, largement composée aujourd’hui de ce qui était introuvable quand le chef-d’œuvre parut, c’est-à-dire d’être capables de l’aimer. II

 

30 — Question subsidiaire

Quel est le point commun entre la maison du docteur Cottard, un pourboire du Héros et la chambre de l’hôtel de Jupien où on le fait monter ?

Le chiffre 43.

*[Cambremer à Verdurin :] Quoi ! le professeur Cottard ! Vous ne vous trompez pas ! Vous êtes bien sûr que c’est le même! celui qui demeure rue du Bac ! — Oui, il demeure rue du Bac, 43. IV

*Françoise voyait à la dérobée, calculait instantanément ce que je donnais. Et pour qu’elle ne pût pas dire à Albertine que je corrompais son chauffeur, je prenais les devants et, m’excusant du pourboire, disais : « J’ai voulu être gentil avec le chauffeur, je lui ai donné dix francs », Françoise, impitoyable et à qui son coup d’œil de vieil aigle presque aveugle avait suffi, me répondait : « Mais non, Monsieur lui a donné 43 francs de pourboire. Il a dit à Monsieur qu’il y avait 45 francs, Monsieur lui a donné 100 francs et il ne lui a rendu que 12 francs. » V

*Bientôt on me fit monter dans la chambre 43, mais l’atmosphère était si désagréable et ma curiosité si grande que, mon « cassis » bu, je redescendis l’escalier, puis pris d’une autre idée, je remontai et dépassai l’étage de la chambre 43, allai jusqu’en haut. VII

 

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

8 comments to “La victoire revient à…”

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  1. Aujourd’hui j’ai enfin pu dormir tout mon saoul!

  2. Félicitations à la gagnante !!! Elle a bien travaillé, et est couronnée un premier mai : ce n’est que justice !

  3. J’annule mes vacances prévues au mois d’août, j’achète un réveil et je me tiens prêt !

  4. Merci Clopine. Je suis étonnée moi-même. Et je remercie aussi Patrice car j’ai pu grâce à lui et à ses chroniques relire entièrement la RTP, et retrouver des détails dont je ne me souvenais plus trop bien. Je suis dès à présent prête à recommencer en août!!…

  5. Merci Patrice pour ce petit moment de joie quotidien. Bravo à Gisèle et à tous les compétiteurs.

  6. Merci Thierry mais bravo aussi à vous et à tous!

  7. Thank you Marcelita. I keep learning too, Patrice is a good instructor! I keep in my mind our tour in 2010 with the hawthorns in bloom…

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