La mare et l’étang de Méréglise

La mare et l’étang de Méréglise

 

Il y a sept mares dans À la recherche du temps perdu. En dehors de la Mare au Diable de George Sand, la seule identifiée est celle de Monjouvain où habite M. Vinteuil.

 

À Illiers-Combray et dans ses environs, elles ne se comptent pas — je n’ai d’ailleurs pas même essayé. Lors de la Journée des Aubépines, nous avons marqué un arrêt, comme toutes ces récentes années (avant je ne puis en témoigner), devant la mare de Méréglise.

C’est charmant mais riquiqui — le principe même d’une mare.

Plus ambitieux, nous aurions pu aller quelques centaines de mètres plus loin jusqu’à l’étang Marcel Huart, un peu en retrait de la route mais bien connu des pécheurs.

 

Des étangs, il y en a treize dans la Recherche : au pied du Calvaire de Combray, dans le parc de Swann, les petits que forme la Vivonne, un dernier à Doncières.

La première et la dernière occurrences parlent du même, celui de Tansonville — du temps de Swann, dans le premier tome, et du temps de Gilberte, sa fille, dans le dernier.

 

*Tout d’un coup, M. Swann prenant mon grand-père par le bras, s’était écrié : « Ah ! mon vieil ami, quel bonheur de se promener ensemble par ce beau temps. Vous ne trouvez pas ça joli tous ces arbres, ces aubépines et mon étang dont vous ne m’avez jamais félicité ? Vous avez l’air comme un bonnet de nuit. Sentez-vous ce petit vent ? Ah ! on a beau dire, la vie a du bon tout de même, mon cher Amédée ! » I

*L’état-major allemand s’était-il bien conduit ou fallait-il voir dans la lettre de Gilberte un effet par contagion de l’esprit des Guermantes, lesquels étaient de souche bavaroise, apparentée à la plus haute aristocratie d’Allemagne, mais Gilberte ne tarissait pas sur la parfaite éducation de l’état-major et même des soldats qui lui avaient seulement demandé « la permission de cueillir un des ne-m’oubliez-pas qui poussaient auprès de l’étang », bonne éducation qu’elle opposait à la violence désordonnée des fuyards français, qui avaient traversé la propriété en saccageant tout, avant l’arrivée des généraux allemands. VII

 

L’étang de Méréglise, bien réel, offre des paysages superbes. Le voici, vu de la rive, d’un bout à l’autre.

Oserai-je « À la recherche de l’étang perdu » ?

Ce n’est pas parce que Proust n’en parle pas que ça ne vaut pas le coup d’œil.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

PS : Lors de ce tour d’étang, nous n’avons rencontré (ma chère et tendre et moi) qu’un seul autre être vivant, une libellule.

(Photos PL)

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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