D’un musée proustien à une nuit (presque) céleste

D’un musée proustien à une nuit (presque) céleste

 

S’il fallait choisir un musée proustien, sans conteste Orsay l’emporterait…

 

Il abrite d’abord le célèbre portrait réalisé par Jacques-Émile Blanche.

 

On y voit aussi l’Asperge de Manet (voir la chronique Combien vos asperges ?) — enfin en principe : actuellement, la France la prête au Japon. J’ai donc fait chou blanc lors de ma visite mercredi.

 

Mais aussi, le Musée d’Orsay est un joli terrain de jeu pour croiser des personnages de la Recherche. Ainsi, j’y ai reconnu Robert de Montesquiou (Inspiration pour Charlus), Anna de Noailles, Yvette Guilbert, Sarah Bernhardt, Claude Debussy, Hector Berlioz, Jules Grévy.

 

D’autres jeux permettraient de retrouver des peintres et des œuvres cités dans l’œuvre.

 

Pour arriver dans ce haut-lieu de la culture dans l’ancienne gare d’Orsay abritant des collections de l’art européen de 1848 à 1914, dont la plus grande au monde d’impressionnistes et post-impressionnistes, j’ai traversé la place de la Concorde…

 

… et emprunté le quai Anatole-France et, de l’autre côté de la Seine, le quai Aimé Césaire longeant le jardin des Tuileries.

 

C’était une introduction à la deuxième partie de ma journée parisienne. Toujours à pied, j’ai gagné le Café de la Mairie, dans le VIe arrondissement où j’étais attendu par une dizaine de passionné(e)s des Lettres, invitée par Laurence Grenier, passant par une rue pas moins littéraire.

 

Dans le restaurant de la place Saint-Sulpice, j’ai raconté mes rencontres personnelles avec deux écrivains, René Char et Aimé Césaire. Rien ne prévoyait cette intimité séparée par un demi siècle— les deux hommes ayant pour points communs d’être poètes, surréalistes et… présentés comme hermétiques.

(Photo Christophe Barette)

 

Il ne me restait plus qu’à rejoindre mon hôtel, pà cent mètres, dans une rue donnant sur la place Saint-Sulpice, la rue des Canettes.

Cet hôtel est au n° 17. J’avais complètement oublié que Céleste Albaret, après sa longue veille auprès de Marcel Proust avait ouvert avec son mari, Odilon, l’hôtel Alsace Lorraine, rebaptisé la Perle. Lui est au 14 de la rue des Canettes. À trois numéros près et j’étais chez Céleste.

 

Pauvre sot que je suis ! Dans le train qui m’a ramené au pays de tante Léonie, j’essayais encore d’oublier ma distraction.

(Photos PL)

 

Une seule consolation : la chambre aux Canettes est trois fois moins chère qu’à la Perle.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

Has one comment to “D’un musée proustien à une nuit (presque) céleste”

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  1. Hélas, votre réserve vous empêche visiblement de décrire votre prestation : mais un des chanceux qui ont pu vous écouter pourrait peut-être, ici même, nous en toucher deux mots, à nous les pauvres exclus des agapes littéraires de Laurence Grenier ?

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