Proust et son clown

Proust et son clown

 

Il s’appelle Patrice Le Heuzey et m’a contacté pour que je signale son existence… Je le fais avec plaisir.

 

« Je suis le fondateur d’une petite compagnie de théâtre. Une partie de notre activité s’exprime par le clown. Formidable vecteur d’humanité, le nez du clown permet d’accéder à des univers littéraires très diverses en touchant à l’essentiel.

Après avoir créé un spectacle sur des textes d’Henri Michaux, l’idée nous est venue de présenter un spectacle d’après À la recherche du temps perdu. »

 

Patrice Le Heuzey (Primevère de son nom de scène) poursuit :

« Nous avons voulu mener une démarche originale, accessible à tous, qui, dans le respect absolu de l’œuvre, permette d’en faire ressentir la richesse infinie. Je pense pouvoir dire que malgré – ou à cause ? – de l’étonnement que peut créer la rencontre d’un clown et de Proust,  la richesse de l’œuvre n’en résonne que davantage.

Ce spectacle a été joué à Paris en 2012-2013. Depuis, nous le présentons chez des particuliers, le « théâtre en appartement », étant une activité qui se développe.

Si vous connaissez des personnes susceptibles d’être intéressées par la présentation de ce spectacle, n’hésitez pas à leur transmettre. »

 

Alors, je transmets volontiers son contact pour quiconque voudrait en savoir plus : patriceleheuzey@gmail.com

Du dossier qu’il vous adressera sûrement, je retiens ceci : « Le clown peut tout se permettre : il n’est sûr de rien — sauf de son humanité. » Joli.

 

Cette chronique serait incomplète si je ne vous informais pas de la présence (ou non) d’un clown dans la Recherche. Eh bien oui, il y en a un :

*Comme nous venions de quitter le fiacre à l’entrée de l’avenue Gabriel, dans les Champs-Élysées, je vis ma grand’mère qui, sans me parler, s’était détournée et se dirigeait vers le petit pavillon ancien, grillagé de vert, où un jour j’avais attendu Françoise. Le même garde forestier qui s’y trouvait alors y était encore auprès de la « marquise », quand, suivant ma grand’mère qui, parce qu’elle avait sans doute une nausée, tenait sa main devant sa bouche, je montai les degrés du petit théâtre rustique édifié au milieu des jardins. Au contrôle, comme dans ces cirques forains où le clown, prêt à entrer en scène et tout enfariné, reçoit lui-même à la porte le prix des places, la « marquise », percevant les entrées, était toujours là avec son museau énorme et irrégulier enduit de plâtre grossier, et son petit bonnet de rieurs rouges et de dentelle noire surmontant sa perruque rousse. III

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique, Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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  1. Nous l’avons convié à venir au collège Marcel Proust en juin pour une représentation de son spectacle devant quelques élèves, je suis curieux de le découvrir !

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