Présentez votre ordonnance

Présentez votre ordonnance

 

Côté ordonnances, le lecteur d’À la recherche du temps perdu a l’embarras du choix : le mot apparaît seize fois — six pour désigner les prescriptions de médecins, cinq pour le soldat affecté au service d’un  officier, trois pour un texte policier et deux dans le sens d’agencement.

 

Ici sont évoquées les premières. Ce grand malade de Marcel fait une petite mais signalée place à la pharmacie et à ceux qui la pratiquent et l’illustrent.

 

Il est onze occurrences du mot et l’identité de deux pharmaciens est connue. Tous deux sont de Combray : M. Rapin, dont l’officine est mitoyenne de l’église, rue Saint-Hilaire, et Théodore Sanilon, l’ancien enfant de chœur, installé à Méséglise.

Il est aussi question du pharmacien de Balbec, chez qui le directeur du Grand-Hôtel propose d’aller chercher une « excellente drogue à base d’eucalyptus » — Mme de Cambremer y arrête sa calèche pour qu’un valet de pied y paye quelque note ou y fasse des provisions ; d’un autre, parisien, installé « en face » de l’hôtel de Guermantes et dont le cycliste paraît « très gentil » à Charlus ; d’un autre encore, non identifié, à la « charmante prodigalité », et de derniers évoqués pour leurs « étiquettes ».

Enfin, se glissent un sac de pharmacie, contenant le tilleul pour la tisane et la pharmacie comparée à notre mémoire « où on met, au hasard, la main tantôt sur une drogue calmante, tantôt sur un poison dangereux ».

 

Si « médicament » est cité dix-neuf fois et « potion » une, c’est une véritable pharmacie qui se trouve au bord du lit de tante Léonie :

*D’un côté de son lit était une grande commode jaune en bois de citronnier et une table qui tenait à la fois de l’officine et du maître-autel, où, au-dessus d’une statuette de la Vierge et d’une bouteille de Vichy-Célestins, on trouvait des livres de messe et des ordonnances de médicaments, tout ce qu’il fallait pour suivre de son lit les offices et son régime, pour ne manquer l’heure ni de la pepsine, ni des Vêpres. I

 

Aujourd’hui, Illiers-Combray compte deux pharmaciens, à quelques pas l’une de l’autre sur le même côté de la place de l’Église.

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 (Photo PL)

Abondance de soins  ne nuit pas. Tante Léonie aurait été gâtée !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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