Moi, cœur d’artichaut ?

Moi, cœur d’artichaut ?

 

S’agenouiller devant une dame et lui baiser la main : ce n’est pas une attitude banale que l’on adopte tous les jours.

 

Cette semaine, j’ai accompli ce geste devant une Britannique vivant à Boston. Et devant son mari. Elle, c’est Elisabeth ; lui, c’est James et il est Américain. J’ai eu le bonheur de les accompagner lors de leur passage à Illiers-Combray à la découverte de la maison de tante Léonie, de l’église, du Pré Catelan et de Tansonville. J’avais fait leur connaissance à Cabourg et c’est James qui a indiqué que si je me comportais ainsi, ce serait de nature à susciter la jalousie de notre amie commune, de celle qui a servi de trait d’union, d’introduction à distance, Marcelita Swann. C’était naturellement du domaine de la badinerie.

 

Il ne faut pas me provoquer et c’est avec joie que j’ai mis un genou en terre et mes lèvres sur la paume d’Elisabeth — en juste hommage et non, of course, pour être désagréable envers quiconque.

1-le-baise-main-a-elisabeth-howe

 

Cette scène dans le petit raidillon au bord de la haie d’aubépines renvoie, évidemment, à celle publiée il y a un peu plus d’un an après que je suis allé saluer ma Proustienne préférée qui délaissait quelque temps New York pour le Luberon français.

2-le-baise-main-a-marcelita

 

Dans un cas comme dans l’autre, il ne s’agit pas de donner mon cœur facilement, de m’amouracher à tout bout de champ, ce qui me vaudrait de mériter le reproche de Jupien à Charlus dans Sodome et Gomorrhe : « Je vois que vous avez un cœur d’artichaut. »

 

D’ailleurs, Marcelita l’a bien compris quand je l’ai informée de ma rencontre avec son amie, me répondant : « Oh, Patrice… how could I be jealous ? Your passion for Marcel deserves to be shared with every true Proustian. 😉 ».

 

Voilà, c’est ça, c’est toujours avec émotion que je pratiquerai le baise-main à genou devant toute authentique proustienne.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

2 comments to “Moi, cœur d’artichaut ?”

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  1. Imprudente initiative! Toutes les lectrices de ce blogue vont se précipiter à Illiers-Combray. Le Fou de Proust risque une usure rapide et prématurée des genoux, sans compter d’autres séquelles possibles. Heureusement pour nous, les genoux ne sont pas indispensables pour taper sur un clavier.

  2. La lecture de Proust a totalement bouleversé ma vie il y a cinq ans…. Avez-vous eu envie d’apprendre par coeur quelques lignes ? Juste comme un trésor en vous, précieux et invisible ?
    Nous terminons d’apprendre quelques lignes de ce merveilleux incipit…. Jusqu’à  » avant de retourner dans le monde des rêves « ….
    La saveur est particulière. Je pense que nous apprendrons ainsi ça et là d’autres passages…. Juste pour le plaisir.
    Salutations monsieur le fou ! Nous le sommes aussi fort heureusement, de Proust et de quelques autres dont nous apprenons les vers avec avidité.

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