Proust chouchou d’Assouline

Proust chouchou d’Assouline

 

Je ne garantis pas que le qualificatif soit le plus pertinent… Marcel n’en détient pas moins le record d’entrées dans le Dictionnaire amoureux que Pierre vient de consacrer aux écrivains et à la littérature.

1160 Assouline, Dictionnaire amoureux

 

Il y en a neuf : Proust, Marcel (1871-1922), Proust anglais, Proust norvégien, Proustien, Proustiser, Proustisme, Proustologie, mais aussi Recherche du temps perdu (À la) et Contre Sainte-Beuve.

Le début du premier article résume sa place : « Le siècle littéraire qui s’est achevé il y a une décennie à peine fut le siècle de Proust, et rien n’indique que son empire sur les consciences romanesques soit entamé en profondeur ; il l’a dominé au point que tout écrivain français en est à se demander comment être soi dans un pays où Proust est tout. »

 

Si l’on notait l’importance d’un auteur aux pages consacrées, Modiano, Patrick (né en 1945) — le plus proustien de nos contemporains — serait n° 1 tandis que Thomas, Dylan (1914-1953) n’a droit qu’à deux lignes : « Nul n’a mieux défini le grand poète irlandais que lui-même : « A drinker with a writing problem. » Au moins est-il dans les choix assouliniens.

J’aurais aimé qu’entre Cercas, Javier (né en 1962) et Chandler, Raymond (1888-1959), Césaire, Aimé, (1913-2008) trouvât sa place, mais les lettres antillaises sont absentes au point que Simone Schwartz-Bart n’existe qu’en tant que femme d’André, privée même de son prénom. (Cf. l’amusante entrée Écrivaine : « Cela surprendra peut-être, mais j’approuve tout à fait la création récente des termes auteure et écrivaine. Il faut bien pouvoir noter la femme de l’écrivain. » (Éric Chevillard. »)

 

Mais ce Dictionnaire amoureux obéit à la loi du genre, « subjectif, arbitraire, injuste, dénué du moindre souci d’exhaustivité ». Il n’y a qu’à s’incliner. (À titre personnel, je me réjouis d’avoir côtoyé deux écrivains de ce dico : Cayrol, Jean (1911-2005) et Char, René (1907-1988). Sans la justifier à elles seules, ces rencontres éclairent ma vie. Et, comme l’ami Assouline, je fais mienne cette phrase de Borges : « Que d’autres se targuent des pages qu’ils ont écrites ; moi, je suis fier de celles que j’ai lues. »

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

Pierre Assouline, Dictionnaire amoureux des Écrivains et de la Littérature, Plon, 2016, 882 p., 25 €.

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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