Une Recherche guère olympique

Une Recherche guère olympique

 

Aucune recherche ne doit m’échapper dans À la recherche du temps perdu

Alors que les Jeux se sont ouverts à Rio de Janeiro, dominés quinze jours durant par leur flamme dans le stade du Maracana, Marcel Proust s’y révèle indifférent — quelle surprise !

 

Il est trente-et-une occurrences de « flamme(s), aucune ne brûle dans un stade : d’une veilleuse de verre de Bohême, rose d’une cierge, d’une lampe de cristal, hissée à des mâts de barques, rouge d’un coquelicot, insinuée de la vie mondaine, à éloigner d’un habit, des maisons en feu, rose et blanche des chrysanthèmes, son scintillement peint par des musiciens de génie, engainant un rayon, la première d’un incendie, des bûches, léchant une paroi de cheminée, jaune du feu, du bûcher, donnée par tout être à quelqu’un, spirituelle des yeux de la duchesse de Guermantes, intérieure à reflet, semblable à des cheveux noirs tordus, dans des tableaux, jaunes et rouges d’une robe de chambre chinoise, d’un rubis (deux fois), mise sous le boisseau, d’une amitié haute et pure, d’une langue, d’une bougie, claquant joyeusement, d’un incendie, remplissant un port.

D’ « olympique », point mais vingt variantes : Olympos, Olympe (4), Olympie (2), Olympia (4), Olympia (2), olympien (5), Olympio (2).

Les rios qu’on trouvent (deux fois) coulent à Venise.

Quant aux Brésiliens, il n’en est qu’un, médecin prétendant guérir les étouffements du Héros par d’absurdes inhalations d’essences de plantes.

 

Est-ce une incitation au dopage ? Ne riez pas. Les recherches menées pour cette chronique indiquent que « doper » — mot anglais pour droguer afin de stimuler avant une épreuve — n’apparaît dans aucun ouvrage avant À l’ombre des jeunes filles en fleurs où Odette Swann l’utilise pour parler de Norpois : « je l’ai trouvé d’un vaseux. Il semble qu’on aurait eu besoin de le doper ! »

 

Et Marcel, à quoi carburait-il pour écrire nuitamment ? La question n’est pas sans pertinence mais l’écrivain n’a été soumis à aucun contrôle.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

2 comments to “Une Recherche guère olympique”

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  1. En tout cas, si Proust avait été Amish, la face, au moins de la Recherche, en eut été changée.

    • patricelouis says: -#2

      Ah, je viens de tomber sur l’info justifiant ce troublant commentaire : Des travaux réalisés en Suisse ont montré que les enfants élevés à la ferme et exposés quotidiennement au bétail étaient protégés des allergies respiratoires et de l’asthme c. Une théorie confirmée au sein de la communauté Amish. La prévalence de l’asthme chez ces enfants est beaucoup plus faible que chez les enfants européens élevés à la campagne.

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