Sports : bains de mer

Bains de mer

 

Il est cent soixante-trois occurrences du mot « plage » dans la Recherche, cinquante-cinq de « bain », trois cent cinquante-trois de « mer ».

« Bains de mer » : l’expression apparaît dix-sept fois, présente dans cinq des sept tomes (absente du troisième et du dernier). Deux fois, elle est entre guillemets et sept associée à « vie de bains de mer ».

 

Où se baigne-t-on ? À Balbec.

*01 Bains de Mer de Cabourg,  - copie *18 Plage Cabourg 1 - copie *19 Plage Cabourg 2 - copie *20 Plage Cabourg 3 - copie

herbe

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*22 Cabourg Terrasse Grand-Hôtel - copie

 

*Ma grand’mère qui trouvait qu’aux bains de mer il faut être du matin au soir sur la plage à humer le sel et qu’on n’y doit connaître personne, parce que les visites, les promenades sont autant de pris sur l’air marin, demandait au contraire qu’on ne parlât pas de nos projets à Legrandin, voyant déjà sa sœur, Mme de Cambremer, débarquant à l’hôtel au moment où nous serions sur le point d’aller à la pêche et nous forçant à rester enfermés pour la recevoir. I

*dans le nom de Balbec, comme dans le verre grossissant de ces porte-plume qu’on achète aux bains de mer, j’apercevais des vagues soulevées autour d’une église de style persan. I

*04 Coupe-papier loupe - copie

(Je n’ai trouvé qu’un coupe-papier avec loupe)

 

*À Combray, comme nous étions connus de tout le monde, je ne me souciais de personne. Dans la vie de bains de mer on ne connaît que ses voisins. II

*J’avais beau avoir appris que les jeunes gens qui montaient tous les jours à cheval devant l’hôtel étaient les fils du propriétaire véreux d’un magasin de nouveautés et que mon père n’eût jamais consenti à connaître, la « vie de bains de mer » les dressait, à mes yeux, en statues équestres de demi-dieux et le mieux que je pouvais espérer était qu’ils ne laissassent jamais tomber leurs regards sur le pauvre garçon que j’étais, qui ne quittait la salle à manger de l’hôtel que pour aller s’asseoir sur le sable. J’aurais voulu inspirer de la sympathie même à l’aventurier qui avait été roi d’une île déserte en Océanie, même au jeune tuberculeux dont j’aimais à supposer qu’il cachait sous ses dehors insolents une âme craintive et tendre qui eût peut-être prodigué pour moi seul des trésors d’affection. D’ailleurs, (au contraire de ce qu’on dit d’habitude des relations de voyage) comme être vu avec certaines personnes peut vous ajouter, sur une plage où l’on retourne quelquefois un coefficient sans équivalent dans la vraie vie mondaine, il n’y a rien, non pas qu’on tienne aussi à distance, mais qu’on cultive si soigneusement dans la vie de Paris, que les amitiés de bains de mer. II

*Et par là, — tout autant que la splendeur aveuglante de la plage, que le flamboiement multicolore et les lueurs sous-océaniques des chambres, tout autant même que les leçons d’équitation par lesquelles des fils de commerçants étaient déifiés comme Alexandre de Macédoine — les amabilités quotidiennes de Mme de Villeparisis et aussi la facilité momentanée, estivale, avec laquelle ma grand’mère les acceptait, sont restées dans mon souvenir comme caractéristiques de la vie de bains de mer. II

*cette horde de fillasses mal élevées [les jeunes parentes de Bloch], poussant le souci des modes de « bains de mer » jusqu’à toujours avoir l’air de revenir de pêcher la crevette ou d’être en train de danser le tango. II

*Octave obtenait, au Casino, des prix dans tous les concours de boston, de tango, etc., ce qui lui ferait faire s’il le voulait un joli mariage dans ce milieu des « bains de mer » où ce n’est pas au figuré mais au propre que les jeunes filles épousent leur « danseur ». II

*à l’arrivée, je m’étais senti repris par le charme indolent de la vie de bains de mer. IV

*Mais tenez, Albertine, nous allons faire une chose bien simple : je sens que l’air me fera du bien ; puisque vous ne pouvez lâcher la dame, je vais vous accompagner jusqu’à Infreville. Ne craignez rien, je n’irai pas jusqu’à la Tour Élisabeth (la villa de la dame), je ne verrai ni la dame, ni vos amies. » Albertine avait l’air d’avoir reçu un coup terrible. Sa parole était entrecoupée. Elle dit que les bains de mer ne lui réussissaient pas. « Si ça vous ennuie que je vous accompagne ? — Mais comment pouvez-vous dire cela, vous savez bien que mon plus grand plaisir est de sortir avec vous. » Un brusque revirement s’était opéré. IV

*en cette Albertine cloîtrée dans ma maison, loin de Balbec d’où je l’avais précipitamment emmenée, subsistaient l’émoi, le désarroi social, la vanité inquiète, les désirs errants de la vie de bains de mer. V

Au tournant des XIXe et XXe siècles, nous sommes invités à découvrir une nouveauté, un art de vivre, une philosophie même qui ne se limite pas à faire trempette dans des vagues d’eau salée.

Marcel Proust raconte une époque (qu’on qualifiera de « Belle ») où villégiaturer au bord de la mer relève du thérapeutique et du ludique.

Un peu d’histoire : Jusque au XVIIIe siècle, le littoral est un lieu de promenade, sur la terre ferme. La nouvelle mode naît en Angleterre, en 1753, quand le docteur Charles Russel publie Les effets des bains de mer sur les glandes, conseillant de boire l’eau de la mer et de s’y baigner pour des raisons médicales mais aussi religieuses. Il raisonne ainsi : Dieu est bon mais a créé le mal, les maladies, il a donc dû placer dans la nature le remède au mal. Le plus grand réservoir des forces naturelles étant la mer, elle est le plus puissant des remèdes. S’y baigner, totalement ou en partie, c’est bénéficier des bienfaits des vagues et de la spécificité de l’eau marine.

Convaincu par cette théorie, le prince de Galles se rend à Brighton en 1783 pour soutenir l’ouverture du premier établissement de bains dans l’histoire.

 

La France est atteinte dans les années 1820. Dieppe et Boulogne-sur-Mer sont les premières à voir l’inauguration d’un établissement de bains de mer. La duchesse de Berry inaugure en 1829 les bains de Dieppe. L’Atlantique vient plus tard (La Baule, Biarritz, Royan) au fur et à mesure de l’avancée des voies ferrées — avant le train, la Normandie est à quinze heures de Paris en diligence ! La Côte d’Azur n’attire qu’à la fin du siècle — mais toujours grâce aux Anglais.

Progressivement, la plage cesse d’être un espace médical pour devenir un lieu de sociabilité et de distractions.

 

Fini les baignoires, mais dans l’eau, on ne s’éloigne pas du bord. On marche dans l’eau à l’abri du soleil sous chapeaux et ombrelles. On ne se met à nager qu’au XXe siècle, mais toujours dans des tenues qui ne doivent pas choquer les passants. Sur la plage où l’on pêche aussi à la crevette, il ne s’agit pas de bronzer au soleil. C’est vulgaire. Vive la peau claire plus séduisante que celle que les travaux des champs ont assombrie. On n’est pas des paysans.

 

Pour ne rien arranger, ces bains de mer ne signifient ni brasse ni crawl. Voici un personnage important : le « maître-baigneur » — je n’ai pas dit maître-nageur.

*05 Maître baigneur - copie

*06 Maître baigneur 2 - copie

*07 Guides-baigneurs - copie

 

*entourée de sa ceinture rouge, et hissant, à la moindre houle, le drapeau qui interdit les bains, car les maîtres-baigneurs sont prudents, sachant rarement nager, II

*Ce qui justifiait du reste pleinement la curiosité ravie que la princesse de Parme apportait chez la duchesse, c’était cet élément comique, dangereux, excitant, où la princesse se plongeait avec une sorte de crainte, de saisissement et de délices (comme au bord de la mer dans un de ces « bains de vagues » dont les guides baigneurs signalent le péril, tout simplement parce qu’aucun d’eux ne sait nager), d’où elle sortait tonifiée, heureuse, rajeunie, et qu’on appelait l’esprit des Guermantes. III

 

En pantalon et veste de laine, leur rôle est d’assister les baigneurs, les saisir et les plonger dans l’eau pour les soumettre à l’ondulation et au brisement des vagues. C’est ce qu’on appelle le « bain à la lame » ». On dit qu’on « prend la lame ».

Écho dans la Recherche :

*pendant ces dîners chez la duchesse, l’Altesse [la princesse de Parme] ne s’aventurait sur le moindre sujet qu’avec la prudence inquiète et ravie de la baigneuse émergeant entre deux « lames ». III

 

Les bains se pratiquent en saison, c’est à dire de la mi-juin à la mi-septembre. On ne se baigne qu’une fois par jour, aux heures chaudes, entre neuf heures et midi, ou entre trois et cinq heures. Pour obtenir l’effet attendu, on se baignera à marée pleine ou montante pour « recevoir la vague ». L’espace du bain, qui n’est pas immense, est délimité par des cordages tendus. Hommes et femmes se baignent dans des zones séparées délimitées par des poteaux plantés en mer. La sortie du bain (peignoir obligé) est aussi rapide que l’entrée et suivie de frictions pour éviter un refroidissement.

 

Le baigneur peut rester assis sur les marches de sa cabine pour une immersion totale et se frictionner ou encore ne baigner que certaines parties du corps. Des charrettes tirées par des chevaux mènent directement dans l’eau jusqu’aux premières vagues où il ou elle descend par un escalier.

 

*— Mais changeons de conversation, ajouta Mme de Guermantes, parce qu’elle est très susceptible. Vous devez me trouver bien démodée, reprit-elle en s’adressant à moi, je sais qu’aujourd’hui c’est considéré comme une faiblesse d’aimer les idées en poésie, la poésie où il y a une pensée.

— C’est démodé ? dit la princesse de Parme avec le léger saisissement que lui causait cette vague nouvelle à laquelle elle ne s’attendait pas, bien qu’elle sût que la conversation de la duchesse de Guermantes lui réservât toujours ces chocs successifs et délicieux, cet essoufflant effroi, cette saine fatigue après lesquels elle pensait instinctivement à la nécessité de prendre un bain de pieds dans une cabine et de marcher vite pour « faire la réaction ». III

*08 Cabines 1 - copie *09 Cabines 2 - copie

 

Pour bénéficier des bains, une cabine de luxe coûte trois francs, une cabine à flot revient à un franc cinquante, et une cabine ordinaire à soixante-quinze centimes, « bains de pieds inclus », précise le guide Baedeker en 1902.

Scène proustienne :

*Ils affectaient une attitude de méprisante ironie à l’égard d’un Français qu’on appelait Majesté et qui s’était, en effet, proclamé lui-même roi d’un petit îlot de l’Océanie peuplé par quelques sauvages. Il habitait l’hôtel avec sa jolie maîtresse, sur le passage de qui quand elle allait se baigner, les gamins criaient : « Vive la reine ! » parce qu’elle faisait pleuvoir sur eux des pièces de cinquante centimes. Le premier président et le bâtonnier ne voulaient même pas avoir l’air de la voir, et si quelqu’un de leurs amis la regardait, ils croyaient devoir le prévenir que c’était une petite ouvrière.

— Mais on m’avait assuré qu’à Ostende ils usaient de la cabine royale.

— Naturellement ! On la loue pour vingt francs. Vous pouvez la prendre si cela vous fait plaisir. Et je sais pertinemment que lui avait fait demander une audience au roi qui lui a fait savoir qu’il n’avait pas à connaître ce souverain de Guignol. II

 

La tenue est guidée par la décence : les vêtements dissimulent le corps le plus possible. Les femmes, par exemple, portent des pantalons bouffants, des jupons courts, des vareuses fermées jusqu’au cou, des bonnets et même des bas noirs contre les méduses.

*10 Baigneuses 1898 - copie *12 Baigneuses 1910 - copie *13 Baigneuses - copie

 

Avec des hommes…

*14 Couple de baigneurs 2 - copie *15 Couple de baigneurs - copie *16 Baigneurs, trio - copie

… et des enfants en peignoir

*11 Baigneuses 1904 - copie *17 Enfants en peignoirs de bain - copie

 

Le bain est un spectacle. Il se poursuit avec la promenade sur les planches ; un véritable rituel, qui s’apparente à un défilé de mode, une succession de toilettes longues et claires, de chapeaux fleuris et d’ombrelles assez solides pour se transformer en parapluie.

 

*Pourtant sa mise extrêmement soignée était beaucoup plus grave et beaucoup plus simple que celles de tous les baigneurs que je voyais à Balbec, et rassurante pour mon veston si souvent humilié par la blancheur éclatante et banale de leurs costumes de plage. II

*[Charlus au Héros :] Si vous aviez pris cette précaution, il y a un instant, vous vous seriez évité d’avoir l’air de parler à tort et à travers comme un sourd et d’ajouter par là un second ridicule à celui d’avoir des ancres brodées sur votre costume de bain. II

*je m’étais toujours efforcé devant la mer, d’expulser du champ de ma vision, aussi bien que les baigneurs du premier plan, les yachts aux voiles trop blanches comme un costume de plage II

*La convenance de vêtements sombres que portait toujours, même le matin, M. de Cambremer, avait beau rassurer ceux qu’éblouissait et exaspérait l’insolent éclat des costumes de plage des gens qu’ils ne connaissaient pas, on ne pouvait comprendre que la femme du premier président déclarât d’un air de flair et d’autorité, en personne qui a plus que vous l’expérience de la haute société d’Alençon, que devant M. de Cambremer on se sentait tout de suite, même avant de savoir qui il était, en présence d’un homme de haute distinction, d’un homme parfaitement bien élevé, qui changeait du genre de Balbec, un homme enfin auprès de qui on pouvait respirer. IV

*Et ainsi alternait, avec l’ennui un peu lourd que j’avais auprès d’elle, un désir frémissant, plein d’orages magnifiques et de regrets ; selon qu’elle était à côté de moi dans ma chambre ou que je lui rendais sa liberté dans ma mémoire, sur la digue, dans ses gais costumes de plage, au jeu des instruments de musique de la mer, Albertine, tantôt sortie de ce milieu, possédée et sans grande valeur, tantôt replongée en lui, m’échappant dans un passé que je ne pourrais connaître, m’offensant, auprès de son amie, autant que l’éclaboussure de la vague ou l’étourdissement du soleil, Albertine remise sur la plage, ou rentrée dans ma chambre, en une sorte d’amour amphibie. V

*[Aimé au Héros :] mais, tout dévoué à vos ordres et voulant faire n’importe quoi pour vous faire plaisir, j’ai emmené coucher avec moi la petite blanchisseuse. Elle m’a demandé si je voulais qu’elle me fît ce qu’elle faisait à Mlle Albertine quand celle-ci ôtait son costume de bain. Et elle m’a dit : « Si vous aviez vu comme elle frétillait, cette demoiselle, elle me disait : (Ah ! tu me mets aux anges) et elle était si énervée qu’elle ne pouvait s’empêcher de me mordre. » J’ai vu encore la trace sur le bras de la petite blanchisseuse. Et je comprends le plaisir de Mlle Albertine car cette petite-là est vraiment très habile. » VI

 

Je n’ai trouvé dans les trois mille pages qu’une occurrence de « maillot », de « caleçon », d’espadrilles ». Sur la plage comme sur la digue ou la promenade, ce n’est pas le règne du débraillé.

 

Les journées peuvent y être sages.

*Tous les jours suivants ma mère descendit s’asseoir sur la plage, pour faire exactement ce que sa mère avait fait, et elle lisait ses deux livres préférés, les Mémoires de Mme de Beausergent et les Lettres de Mme de Sévigné. IV

Comment se comporte son rejeton — plus baignoires à l’opéra et cabinet sentant l’iris que cabine, plus patient que passant ?

*plonger, ce que je détestais parce que cela me coupait la respiration, elle remettait en cachette à mon guide baigneur de merveilleuses boîtes en coquillages et des branches de corail que je croyais trouver moi-même au fond des eaux. II

*Comme ma grand’mère ne pouvait se résoudre à aller « tout bêtement » à Balbec, elle s’arrêterait vingt-quatre heures chez une de ses amies, de chez laquelle je repartirais le soir même pour ne pas déranger, et aussi de façon à voir dans la journée du lendemain l’église de Balbec, qui, avions-nous appris, était assez éloignée de Balbec-Plage, et où je ne pourrais peut-être pas aller ensuite au début de mon traitement de bains. II

*Ce que je revis presque invariablement quand je pensai à Balbec, ce furent les moments où chaque matin, pendant la belle saison, comme je devais l’après-midi sortir avec Albertine et ses amies, ma grand’mère sur l’ordre du médecin me força à rester couché dans l’obscurité. Le directeur donnait des ordres pour qu’on ne fît pas de bruit à mon étage et veillait lui-même à ce qu’ils fussent obéis. À cause de la trop grande lumière, je gardais fermés le plus longtemps possible les grands rideaux violets qui m’avaient témoigné tant d’hostilité le premier soir. II

*C’est un grand charme ajouté à la vie dans une station balnéaire comme était Balbec, si le visage d’une jolie fille, une marchande de coquillages, de gâteaux ou de fleurs, peint en vives couleurs dans notre pensée, est quotidiennement pour nous dès le matin le but de chacune de ces journées oisives et lumineuses qu’on passe sur la plage. II

*Morel avait l’habitude de parler de sa vie, mais en présentait une image si enténébrée qu’il était très difficile de rien distinguer. Il se mettait, par exemple, à la complète disposition de M. de Charlus à condition de garder ses soirées libres, car il désirait pouvoir, après le dîner, aller suivre un cours d’algèbre. M. de Charlus autorisait, mais demandait à le voir après. « Impossible, c’est une vieille peinture italienne » (cette plaisanterie n’a aucun sens, transcrite ainsi ; mais M. de Charlus ayant fait lire à Morel l’Éducation sentimentale, à l’avant-dernier chapitre duquel Frédéric Moreau dit cette phrase, par plaisanterie Morel ne prononçait jamais le mot « impossible » sans le faire suivre de ceux-ci : « c’est une vieille peinture italienne »), le cours dure fort tard, et c’est déjà un grand dérangement pour le professeur qui, naturellement, serait froissé. — Mais il n’y a même pas besoin de cours, l’algèbre ce n’est pas la natation ni même l’anglais, cela s’apprend aussi bien dans un livre », répliquait M. de Charlus, ayant deviné aussitôt dans le cours d’algèbre une de ces images où on ne pouvait rien débrouiller du tout. C’était peut-être une coucherie avec une femme, ou, si Morel cherchait à gagner de l’argent par des moyens louches et s’était affilié à la police secrète, une expédition avec des agents de la sûreté, et qui sait ? pis encore, l’attente d’un gigolo dont on pourra avoir besoin dans une maison de prostitution. « Bien plus facilement même, dans un livre, répondait Morel à M. de Charlus, car on ne comprend rien à un cours d’algèbre. — Alors pourquoi ne l’étudies-tu pas plutôt chez moi où tu es tellement plus confortablement ? », aurait pu répondre M. de Charlus, mais il s’en gardait bien, sachant qu’aussitôt, gardant seulement le même caractère nécessaire de réserver les heures du soir, le cours d’algèbre imaginé se fût changé immédiatement en une obligatoire leçon de danse ou de dessin. V

 

Demain, au revoir la mer, bonjour la piscine.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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