Cartes : whist

Whist

 

Le whist original se joue à quatre joueurs, en deux équipes croisées de deux joueurs, avec un jeu de 52 cartes, dont l’ordre décroissant dans chaque couleur est : as, roi, dame, valet, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2.

Le whist étant d’origine anglaise, la distribution des cartes et le jeu de la carte se font dans le sens horaire — ceci est contraire à la tradition française.

Le donneur distribue treize cartes à chacun, une par une, retournant la dernière, qui lui appartient. La couleur de cette carte retournée est celle de l’atout pour ce coup. Pour la première levée du coup, le premier à jouer est le joueur placé à gauche du donneur, et pour les levées suivantes, c’est celui qui a fait la dernière levée.

Le jeu de la carte est simple, consistant à fournir obligatoirement de la couleur demandée, et dans le cas où un joueur n’en a pas en main, il peut jouer la carte qu’il veut sans être obligé de couper. On n’est jamais obligé de monter en jouant une carte plus forte en quelque couleur que ce soit, y compris en atout.

Celui des quatre joueurs qui a joué le plus fort atout ou, à défaut d’atout, celui qui a joué la plus forte carte de la couleur demandée, fait la levée. Les levées sont conservées pliées devant un seul des deux joueurs de chaque équipe. Les plis ainsi constitués sont placés les uns sur les autres à demi croisés, afin que chacun puisse aisément les compter.

Gilray, Whist

Gilray, Whist

 

Qui y joue ? Charlus.

 

Les extraits :

*Je n’avais plus recours qu’auprès de M. de Charlus, rentré dans une pièce du bas, laquelle accédait au jardin. J’eus tout le loisir (comme il feignait d’être absorbé dans une partie de whist simulée qui lui permettait de ne pas avoir l’air de voir les gens) d’admirer la volontaire et artiste simplicité de son frac qui, par des riens qu’un couturier seul eût discernés, avait l’air d’une « Harmonie » noir et blanc de Whistler ; noir, blanc et rouge plutôt, car M. de Charlus portait, suspendue à un large cordon au jabot de l’habit, la croix en émail blanc, noir et rouge de Chevalier de l’Ordre religieux de Malte. À ce moment la partie du baron fut interrompue par Mme de Gallardon, conduisant son neveu, le vicomte de Courvoisier, jeune homme d’une jolie figure et d’un air impertinent : « Mon cousin, dit Mme de Gallardon, permettez-moi de vous présenter mon neveu Adalbert. Adalbert, tu sais, le fameux oncle Palamède dont tu entends toujours parler. — Bonsoir, madame de Gallardon », répondit M. de Charlus. IV, 37

*Mais Morel avait assez de musique, et comme il tenait à jouer aux cartes, M. de Charlus, pour participer à la partie, aurait voulu un whist. […] Saniette, appelé pour faire le mort, déclara qu’il ne savait pas jouer au whist. Et Cottard, voyant qu’il n’y avait plus grand temps avant l’heure du train, se mit tout de suite à faire une partie d’écarté avec Morel. M. Verdurin, furieux, marcha d’un air terrible sur Saniette : « Vous ne savez donc jouer à rien ! » cria-t-il, furieux d’avoir perdu l’occasion de faire un whist, et ravi d’en avoir trouvé une d’injurier l’ancien archiviste. Celui-ci, terrorisé, prit un air spirituel : « Si, je sais jouer du piano », dit-il. IV

*Toute la faveur de M. de Charlus s’était portée dès le mariage de sa fille adoptive sur le jeune marquis de Cambremer ; les goûts de celui-ci, qui étaient pareils à ceux du baron, du moment qu’ils n’avaient pas empêché qu’il le choisît pour mari de Mlle d’Oloron, ne firent naturellement que le lui faire apprécier davantage quand il fut veuf. Ce n’est pas que le marquis n’eût d’autres qualités qui en faisaient un charmant compagnon pour M. de Charlus. Mais même quand il s’agit d’un homme de haute valeur, c’est une qualité que ne dédaigne pas celui qui l’admet dans son intimité et qui le lui rend particulièrement commode s’il sait jouer aussi le whist. VI

 

Demain, le bonneteau.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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  1. Avec, dans ce cas, de la part de Proust, une allusion littéraire à l’une des nouvelles des Diaboliques de Barbey d’Aurevilly, Le Dessous de cartes d’une partie de whist. Le duc de Guermantes y fait ailleurs (involontairement) allusion aussi, quand le narrateur observe que Basin pense que les écrivains connaissent le dessous des cartes de la société.

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