Cartes : bésigue

 Bésigue

 

Le jeu de bésigue se joue ordinairement à deux ou trois joueurs et avec deux ou trois jeux de trente-deux cartes.

Le but du jeu est de marquer des points en étalant sur la table des combinaisons et en ramassant des brisques (as et 10) dans ses plis. Une partie se termine lorsqu’un joueur parvient à marquer un nombre de points convenu : 1 000, 1 500, 2 000 ou plus. Pour une variante à quatre, la partie peut se jouer en 600 points.

Caillebotte, La partie de bésigue

Caillebotte, La partie de bésigue

 

Qui y joue ? Un magistrat et un avocat en vacances au Grand-Hôtel de Balbec.

 

L’extrait :

*Elle [Mme de Villeparisis] prenait aussi ses repas dans la salle à manger, mais à l’autre bout. Elle ne connaissait aucune des personnes qui habitaient l’hôtel ou y venaient en visite, pas même M. de Cambremer ; en effet, je vis qu’il ne la saluait pas, un jour où il avait accepté avec sa femme une invitation à déjeuner du bâtonnier, lequel, ivre de l’honneur d’avoir le gentilhomme à sa table, évitait ses amis des autres jours et se contentait de leur adresser de loin un clignement d’œil pour faire à cet événement historique une allusion toutefois assez discrète pour qu’elle ne pût pas être interprétée comme une invite à s’approcher.

— Eh bien, j’espère que vous vous mettez bien, que vous êtes un homme chic, lui dit le soir la femme du premier président.

— Chic ? pourquoi ? demanda le bâtonnier, dissimulant sa joie sous un étonnement exagéré ; à cause de mes invités ? dit-il en sentant qu’il était incapable de feindre plus longtemps ; mais qu’est-ce que ça a de chic d’avoir des amis à déjeuner ? Faut bien qu’ils déjeunent quelque part !

— Mais si, c’est chic ! C’était bien les de Cambremer, n’est-ce pas ? Je les ai bien reconnus. C’est une marquise. Et authentique. Pas par les femmes.

— Oh ! c’est une femme bien simple, elle est charmante, on ne fait pas moins de façons. Je pensais que vous alliez venir, je vous faisais des signes… je vous aurais présenté ! dit-il en corrigeant par une légère ironie l’énormité de cette proposition comme Assuérus quand il dit à Esther : « Faut-il de mes États vous donner la moitié ! »

— Non, non, non, non, nous restons cachés, comme l’humble violette.

— Mais vous avez eu tort, je vous le répète, répondit le bâtonnier enhardi maintenant que le danger était passé. Ils ne vous auraient pas mangés. Allons-nous faire notre petit bésigue ?

— Mais volontiers, nous n’osions pas vous le proposer, maintenant que vous traitez des marquises !

— Oh ! allez, elles n’ont rien de si extraordinaire. Tenez, j’y dîne demain soir. Voulez-vous y aller à ma place. C’est de grand cœur. Franchement, j’aime autant rester ici.

— Non, non !… on ne me révoquerait comme réactionnaire, s’écria le président, riant aux larmes de sa plaisanterie. Mais vous aussi vous êtes reçu à Féterne, ajouta-t-il en se tournant vers le notaire.

— Oh ! je vais là les dimanches, on entre par une porte, on sort par l’autre. Mais ils ne déjeunent pas chez moi comme chez le bâtonnier. II

 

Demain, le bridge.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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