Fierté (en vrai) d’être d’Illiers-Combray

Fierté (en vrai) d’être d’Illiers-Combray

 

« Une photographie, une lettre et un placard vont se retrouver dans le nouveau musée Marcel Proust. » Ainsi s’exprime la secrétaire générale de la Société des Amis de Marcel Proust et des Amis de Combray en livrant en avant-première aux adhérents le compte-rendu de la Vente Patricia Mante-Proust (à laquelle elle a participé) qu’elle vient de rédiger pour le prochain Bulletin Marcel Proust.

Mireille Naturel, qui était présente chez Sotheby’s (voir la chronique Il nous a manqué 36 870 €), livre au passage une réflexion personnelle : « on avait l’impression d’être en famille ».

 

Pour les achats, elle détaille : « Il s’agit de trois photographies originales dans un portefeuille, celles d’Adrien, Jeanne et Robert [adjugées 2 750 €], de la lettre à Reynaldo Hahn probablement du 8 juillet 1896, où se trouve la belle déclaration : “Vous êtes vraiment la personne qu’avec Maman j’aime le mieux au monde.“ [adjugée 16 250 €], et des six pages d’épreuves corrigées d’Un amour de Swann (9 août 1913) [20 000 €]. »

L’amie Mireille (qu’elle pardonne cette familiarité) ajoute : « Merci au Conseil départemental d’Eure-et-Loir et à son président, Albéric de Montgolfier, merci à Bernard Puyenchet, maire d’Illiers-Combray et conseiller départemental, merci à Jean-Marc Providence, directeur-adjoint de la culture au Conseil départemental, merci enfin au Ministère de la culture d’avoir permis ces acquisitions. »

 

C’est grâce à un tour de passe-passe officiel que le « nouveau » (tiens donc !) musée proustien d’Illiers-Combray va pouvoir exposer ces trésors : la préemption. De quoi s’agit-il ? Lisons interencheres.com : « Fixé par la loi du 31 décembre 1921, et modifié par la loi du 10 juillet 2000, ce principe régalien autorise l’État à exercer, « sur toute vente publique d’œuvres d’art (…) un droit de préemption par l’effet duquel il se trouve subrogé à l’adjudicataire ou à l’acheteur ». Procédure exceptionnelle qui permet aux collections publiques d’intégrer des œuvres représentant un intérêt majeur, le droit de préemption ne s’applique que lorsque le bien a dépassé son prix de réserve. En pratique, lorsqu’un musée national est intéressé par une œuvre proposée aux enchères, il délègue l’un de ses employés pour se rendre à la vente, souvent à l’insu du commissaire-priseur et des potentiels acheteurs qui pourraient sinon être découragés. Muni de sa délégation de pouvoir et d’un prix maximum déterminé à l’avance, il attend le coup de marteau final pour se manifester, le plus souvent par la formule « préemption pour les musées de France au profit de tel musée ».

 

Effectivement, par trois fois, l’autre soir, le commissaire-priseur a prononcé ces mots magiques : « Préemption Proust Combray ».

 

Le fou de Proust, qui a mobilisé de son côté — certes en vain, mais il n’est point besoin d’espérer pour entreprendre — est heureux de s’associer à la joie de tous.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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  1. Ne pourrait-on, en guise de lot de consolation, avoir ici même les photos des objets en question ?

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