Proust parle d’autres langues européennes

Proust parle d’autres langues européennes

 

Hollande

Maelstrom, mot néerlandais = courant tourbillonnant des côtes norvégiennes, mouvement impétueux

*[À Tansonville] La lumière tombait si implacable du ciel devenu fixe que l’on aurait voulu se soustraire à son attention, et l’eau dormante elle-même, dont des insectes irritaient perpétuellement le sommeil, rêvant sans doute de quelque Maelstrom imaginaire, I

 

Les héritiers de la couronne des Pays-Bas et de Belgique, la famille royale des Pays-Bas.

Swann a le goût de la Hollande ; une lumière humide, hollandaise, où l’on sentait monter dans le soleil même, le froid pénétrant de l’eau ; — Comment ! vous avez fait le voyage de Hollande et vous n’êtes pas allé à Haarlem ? s’écria la duchesse ; une exposition de cent tableaux hollandais juxtaposés ; — Ah ! vous avez été en Hollande, vous connaissez les Ver Meer ? » demanda impérieusement Mme de Cambremer ; [Charlus :] Louis XIV n’aimait pas les maîtres hollandais ; la Vue de Delft de Ver Meer (prêté par le musée de La Haye pour une exposition hollandaise) ; Elle [Albertine] me parlait aussi de ses promenades qu’elle avait faites, avec des amies, dans la campagne hollandaise, de ses retours, le soir, à Amsterdam, à des heures tardives, quand une foule compacte et joyeuse de gens qu’elles connaissait presque tous emplissait les rues, les bords des canaux, dont je croyais voir se refléter dans les yeux brillants d’Albertine, comme dans les glaces incertaines d’une rapide voiture, les feux innombrables et fuyants.

Rembrandt, Vermeer

Amsterdam, Delft, Haarlem.

 

Norvège

Fjord ou fiord = vallée profonde creusée par le mouvement des glaciers et envahie par la mer

*Eh bien, à ce moment de l’année, quand on invitait à dîner la duchesse de Guermantes en se pressant pour qu’elle ne fût pas déjà retenue, elle refusait pour la seule raison à laquelle un mondain n’eût jamais pensé : elle allait partir en croisière pour visiter les fjords de la Norvège, qui l’intéressaient. Les gens du monde en furent stupéfaits, et sans se soucier d’imiter la duchesse éprouvèrent pourtant de son action l’espèce de soulagement qu’on a dans Kant quand, après la démonstration la plus rigoureuse du déterminisme, on découvre qu’au-dessus du monde de la nécessité il y a celui de la liberté. Toute invention dont on ne s’était jamais avisé excite l’esprit, même des gens qui ne savent pas en profiter. Celle de la navigation à vapeur était peu de chose auprès d’user de la navigation à vapeur à l’époque sédentaire de la season. L’idée qu’on pouvait volontairement renoncer à cent dîners ou déjeuners en ville, au double de « thés », au triple de soirées, aux plus brillants lundis de l’Opéra et mardis des Français pour aller visiter les fjords de la Norvège ne parut pas aux Courvoisier plus explicable que Vingt mille lieues sous les Mers, mais leur communiqua la même sensation d’indépendance et de charme. III

*Brichot (et cela, il me l’avait dit le premier jour dans le train) nous apprit que fleur veut dire « port » (comme fiord) IV

 

Iceberg = montagne de glace flottante provenant de la dislocation de glaciers polaires

*La sirène annonciatrice des bombes ne troublait pas plus les habitués de Jupien que n’eût fait un iceberg. VII

 

Un philosophe norvégien IV

 

La mythologie scandinave : les Nornes (qui sont les Parques) II, le dieu Odin IV.

 

Suède

*« Imagine-toi, Céline, que j’ai fait la connaissance d’une jeune institutrice suédoise qui m’a donné sur les coopératives dans les pays scandinaves des détails tout ce qu’il y a de plus intéressants. Il faudra qu’elle vienne dîner ici un soir. I

*Mme Verdurin était assise sur un haut siège suédois en sapin ciré, qu’un violoniste de ce pays lui avait donné I

*— Comment, allez-vous ? Je vous présente mon neveu, le baron de Guermantes, me dit Mme de Villeparisis, pendant que l’inconnu, sans me regarder, grommelant un vague « Charmé », qu’il fit suivre de : « Heue, heue, heue », pour donner à son amabilité quelque chose de forcé, et repliant le petit doigt, l’index et le pouce, me tendait le troisième doigt et l’annulaire, dépourvus de toute bague, que je serrai sous son gant de Suède ; puis sans avoir levé les yeux sur moi il se détourna vers Mme de Villeparisis. II

*La reine de Suède sujet d’une plaisanterie de Basin : il fait croire à sa tante Villeparisis que la souveraine demande à la voir… III

*Il lui [Bréauté] parut plus vraisemblable de voir tout simplement en moi le nouvel attaché de la légation de Suède duquel on lui avait parlé ; et il se préparait à me demander des nouvelles du roi Oscar par qui il avait été à plusieurs reprises fort bien accueilli ; III

*— Mais enfin, Basin, vous ne me raconterez pas que cette personne qui était major de tous les régiments de son pays, qu’on fiançait au roi de Suède…

— Oh ! Oriane, c’est trop fort, on dirait que vous ne savez pas que le grand-père du roi de Suède cultivait la terre à Pau quand depuis neuf cents ans nous tenions le haut du pavé dans toute l’Europe. III

*le prince royal de Suède était venu à Paris et, ayant probablement entendu dire que l’impératrice Eugénie était dreyfusiste, avait confondu avec la Princesse (étrange confusion, vous l’avouerez, entre une femme du rang de ma femme et une Espagnole, beaucoup moins bien née qu’on ne dit, et mariée à un simple Bonaparte) et lui avait dit : « Princesse, je suis doublement heureux de vous voir, car je sais que vous avez les mêmes idées que moi sur l’affaire Dreyfus, ce qui ne m’étonne pas puisque Votre Altesse est bavaroise. » Ce qui avait attiré au Prince cette réponse : « Monseigneur, je ne suis plus qu’une princesse française, et je pense comme tous mes compatriotes. » IV

il [Charlus] se contenta d’une inclinaison de tout le corps, aussitôt vivement redressé, pour Cottard, sans prendre avec sa main gantée de Suède la main que le docteur lui avait tendue. IV

 

Belgique 

Le ministre de Belgique, le comte d’Argencourt, chargé d’affaires de Belgique,  une Belge pour qui une femme de chambre du Grand-Hôtel coud.

les duc de Brabant, le prince de Chimay, Maurice Maeterlinck, la reine Elisabeth, le roi, la famille royale, le prince Albert de Belgique.

La pauvre Belgique.

 

Suisse

Le suisse de l’église de Combray, Mlle de l’Orgeville s’y trouve.

Des « petits suisses », ces jolies constructions anciennes de la Suisse, qui s’élancent isolées au pied d’une montagne, ces deux tours de certaines villes de Suisse qu’on croirait dans le lointain voisines avec la pente des cimes, le roman d’un Suisse où sont raillés comme semence de militarisme, deux enfants tombant d’une admiration symbolique, à la vue d’un dragon.

 

La mythologie celte : les fées Mélusine et Viviane.

 

– l’Histoire de la Pologne : le roi Auguste ;

– l’Histoire de la Bulgarie : le tsar Ferdinand Ier ;

– l’Histoire de la Roumanie : Ferdinand de Hohenzollern ; la reine Élisabeth qui écrivit sous le pseudonyme de Carmen Sylva ;

– l’Histoire de l’Autriche : Marguerite d’Autriche ; Charles Quint ; le prince Eugène ; le général Mack ; l’impératrice du Mexique ; l’empereur François-Joseph ; l’impératrice Élisabeth ; le comte Hoyos ; la princesse de Metternich ; l’archiduc Rodolphe ;

– l’Histoire de la Belgique : Albert Ier ;

– l’Histoire de la Suède : Oscar II ;

 

Le Banat

Banat désigne un « duché » ou une « marche » frontière, gouvernée par un ban. Il y a eu sur les flancs méridional et oriental du royaume médiéval de Hongrie, de nombreux Banats croates, serbes, slavo-roumains ou roumains.

Entre le Danube et les Carpates, dans la plaine de la Pannonie, le Banat serbe (ou Banat occidental) fait partie de la Voïvodine Serbe (en 1848-1849) et de la Voïvodine de Serbie et Banat de Tamiš (entre 1849 et 1860). Après 1860, le Banat Serbe il fait partie des comitats de Torontal et de Temes de la Hongrie des Habsbourg. C’est un comté du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes entre 1918 et 199, et en 1929, il est incorporé dans le Dunavska banoniva (Banat danubien), une province du Royaume de Yougoslavie.

*[M. Verdurin à Saniette :] Vous êtes comme M. de Longepierre, l’homme le plus bête que je connaisse, qui nous disait familièrement l’autre jour « le Banat ». Personne n’a su de quoi il voulait parler. Finalement on a appris que c’était une province de Serbie. » IV

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

Comments are closed.

Articles populaires

Abonnez-vous

Un flux RSS proustien pour recevoir tous les articles du Fou de Proust
Et également sur et