Le baron des bas-fonds

Le baron des bas-fonds

 

Il est sorti de la cuisse de Jupiter mais son vice est son talon d’Achille ! Palamède de Guermantes est de la plus haute extraction mais s’ingénie à s’avilir dans les lieux et milieux les moins nobles.

Ce personnage d’À la recherche du temps perdu est le plus souvent nommé comme « baron de Charlus », mais il a l’embarras du choix dans les titres. Il les accumule : « Baron de Charlus, duc de Brabant, damoiseau de Montargis, prince d’Oléron, de Carency, de Viazeggio et des Dunes ».

Il qualifie sa famille de « prépondérante », partageant ce qualificatif avec une poignée d’autres — et encore : «  Il y a un certain nombre de familles prépondérantes, lui avait dit M. de Charlus, avant tout les Guermantes, qui comptent quatorze alliances avec la Maison de France, ce qui est d’ailleurs surtout flatteur pour la Maison de France, car c’était à Aldonce de Guermantes et non à Louis le Gros, son frère consanguin mais puîné, qu’aurait dû revenir le trône de France. Sous Louis XIV, nous drapâmes à la mort de Monsieur, comme ayant la même grand’mère que le Roi ; » et, avant de citer les autres, il enchaine : « fort au-dessous » !

 

Cet homme brillant ne se sent pourtant jamais aussi bien qu’en s’humiliant dans un hôtel sans étoiles autres que noires, l’établissement du sieur Jupien — amant, âme damnée et chaperon de ses vieux jours. Il s’y fait frapper et fouetter par de viles gouapes : « enchaîné sur un lit comme Prométhée sur son rocher, recevant les coups d’un martinet en effet planté de clous que lui infligeaient Maurice, je vis, déjà tout en sang, et couvert d’ecchymoses qui prouvaient que le supplice n’avait pas lieu pour la première fois, je vis devant moi M. de Charlus. »

 

Quel étrange bonhomme !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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