Le bestiaire de Proust : bovidés des savanes et des montagnes

Le bestiaire de Proust : bovidés

 

Antilope

*Par un merveilleux progrès de l’évolution, ma grand’mère n’était plus un canard ou une antilope, mais déjà ce que Mme Swann eût appelé un « baby ». II

 

Chamois

*la vie d’Odette pendant le reste du temps, comme il [Swann] n’en connaissait rien, lui apparaissait avec son fond neutre et sans couleur, semblable à ces feuilles d’études de Watteau, où on voit çà et là, à toutes les places, dans tous les sens, dessinés aux trois crayons sur le papier chamois, d’innombrables sourires. I

*Morel avait commencé par faire voler au cocher tout ce qui lui était nécessaire pour atteler. Un jour il ne trouvait pas le mors, un jour la gourmette. D’autres fois, c’était son coussin de siège qui avait disparu, jusqu’à son fouet, sa couverture, le martinet, l’éponge, la peau de chamois. IV

 

Demain, les animalcules.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

3 comments to “Le bestiaire de Proust : bovidés des savanes et des montagnes”

You can leave a reply or Trackback this post.
  1. Cher Fou de Proust, savez-vous qu’on peut reconnaître Marcel Proust… à sa ponctuation ?

    Si, si, suivez le lien et vous aurez une page du côté de Guermantes, fort reconnaissable, et placée à côté d’une page de Céline. Voilà ce que l’auteur de l’article en dit :

    « Sautent aux yeux, chez Proust, la multiplication des virgules et des incises (tirets et parenthèses) et, surtout, la rareté relative des points, l’ensemble signalant la fameuse phrase proustienne très longue et à tiroirs. A l’inverse, chez Céline, les points sont fréquents, ce qui induit que les phrases sont courtes. Et quand le narrateur commence à s’emballer, les trois points surgissent par grappes (jusqu’à six de suite dans cet extrait) ainsi que les points d’exclamation.

    en savoir plus ici :
    http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2016/04/04/peut-on-reconnaitre-un-ecrivain-a-sa-ponctuation/

    • patricelouis says: -#2

      Merci, Chère Clopine… Cela ne m’avait pas échappé, mais pas inspiré non plus. Motif : je n’oublie pas un commentaire de Luc Fraisse, toujours éclairant, mettant en garde sur les « analyses » de la ponctuation. Je le cite : « Pour les virgules, il ne faut pas tirer de conclusions : elles sont souvent de l’éditeur, Proust en mettant très peu (et pas souvent de points d’interrogation ni d’exclamation). » L’ami Fraisse est aussi éditeur.
      Au demeurant, l’illustration que vous proposez, entre nous, c’est un peu de l’enfilage de perles : des points fréquents signes de phrases courtes, il fallait le trouver.

  2. J’ai lu quelque part (mais où ? impossible de m’en souvenir) que Proust n’aimait pas les points de suspension…

Articles populaires

Abonnez-vous

Un flux RSS proustien pour recevoir tous les articles du Fou de Proust
Et également sur et