L’habit ne fait pas le curé, mais…

L’habit ne fait pas le curé, mais…

Laurence Grenier a écrit Les Douze dîners de Marcel Proust (Éditions de la Spirale, 2014, 10 €)… C’était hier le troisième organisé par ses soins (repas et spectacle, 25 €) dans un café de la place Saint-Sulpice à Paris. Pour ce « À table à Combray », j’ai tenu deux rôles : le grand-père et le curé. Pour le premier, hélas, je n’ai eu aucun besoin de maquillage ni de déguisement ; pour le second, une composition, j’ai pu briller grâce à l’actuel curé d’Illiers-Combray. L’excellent père Cornic m’avait en effet prêté une soutane d’époque à vingt-quatre boutons et une barrette pas moins ancienne — sortie de chez Musset, chapelier rue… Saint-Sulpice.

PL Curé St Sulpice

 

Ainsi saintement vêtu, j’ai interprété avec l’onction nécessaire le brave homme d’Église si bien informé de l’histoire de sa « pauvre basilique » et de l’étymologie latine des patelins. (Ici avec Renée « Léonie » Combal-Weiss que le curé fatigue).

Curé + Léonie

 

Comme pour les autres dîners, les convives — une vingtaine, l’amie Laurence se prend pour Cecil B. De Mille ! — ont interprété Proust avec cœur, entrain et humour.

Dîner Combray, curé

Dîner Combray, curé 2

 

Sans gâcher la fête, nous avons eu une pensée pour les Belges atrocement frappés par les mêmes barbares qu’à Paris en nous souvenant que, dans la Recherche, une cliente du Grand-Hôtel qui se fait faire des robes par une petite femme de chambre, le comte d’Argencourt et un roi qui a usurpé le nom de Brabant appartenant aux Guermantes sont d’Outre-Quiévrain. Se réunir pour célébrer Proust n’interdit pas la fraternité — bien au contraire.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

3 comments to “L’habit ne fait pas le curé, mais…”

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  1. Non seulement le fou de Proust (et non pas le fou de Dieu malgré les apparences) est une des vedettes de ces dîners où on rit beaucoup (voix cristalline et forte, le ton bien mis, du souffle, et entre les plats des anecdotes qui enchantent), mais il a le culot de demander au curé d’Illiers Combray s’il a dans un placard soutane et barette: cf les photos, surtout où on le voit avec son interlocutrice de choix, Léonie (Renée Combal-Weiss) BRAVO, et vivement le prochain!

  2. Faut-il désormais vous appeler Monsieur le Curé, ou Monsieur l’Abbé, ou le Père (cette expression étant suivie de votre nom)?

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