La conjonction Proust-Césaire

La conjonction Proust-Césaire

 

J’aime bien l’usage de ce mot dans À la Recherche du Temps perdu. Proust le présente comme « cher au milieu Guermantes » et s’en sert neuf fois en particulier pour réunir des êtres que rien ne rapproche a priori. Ainsi, la « conjonction » Cottard et la princesse de Vendôme, que Mme Verdurin veut inviter ensemble ; et la « conjonction » Charlus et Jupien se découvrant dans la boutique du giletier.

 

Alors, pourquoi ai-je choisi ce mot à propos de l’écrivain parisien et du poète martiniquais ? Qu’ont-ils en commun ? L’idée que la meilleure façon d’atteindre l’universel est de comprendre le particulier, que descendre en soi-même permet de voir le général.

 

Dans Le Côté de Guermantes, le premier s’insurge contre la croyance en le chemin inverse : « Les niais s’imaginent que les grosses dimensions des phénomènes sociaux sont une excellente occasion de pénétrer plus avant dans l’âme humaine ; ils devraient au contraire comprendre que c’est en descendant en profondeur dans une individualité qu’ils auraient chance de comprendre ces phénomènes. »

 

Le second, né l’année de la publication de Du côté de chez Swann, lui fait écho. Ainsi dans un entretien que le chantre de la négritude m’avait accordé à Fort-de-France : « Fouille en toi ! Allez, fouille encore et encore ! Et quand tu auras bien fouillé, tu trouveras quelque chose. Tu trouveras le Nègre fondamental. » (Conversation avec Aimé Césaire, Arléa, 2007)

957 Césaire-PL

 

Pénétrante conjonction !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage, Non classé/ AUTHOR : patricelouis

Has one comment to “La conjonction Proust-Césaire”

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  1. Joli rapprochement.

    Quand je pense que vous avez rencontré Aimé Césaire !
    :-O

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