Combray 2016 : galerie de portraits (3)

Combray 2016 : galerie de portraits (3)

 

En remontant d’Illiers-Combray à Combray…

 

Réalité d’aujourd’hui

Jeanine Pavé, d’Illiers-Combray, maraîchère, au marché

3 1 Jeanine Pavé

Fiction d’hier

Mme Callot

[Tante Léonie :] Françoise, vous seriez venue cinq minutes plus tôt, vous auriez vu passer Mme Imbert qui tenait des asperges deux fois grosses comme celles de la mère Callot ; I

 

 

Réalité d’ajourd’hui

Caroline Duval et Audrey Nova, de Brou, vendeuses de fruits au marché

3 2 C. Duval, A. Nova

 

Fiction d’hier

Le fruitier

*[L’arrière-cuisine] On apercevait son dallage rouge et luisant comme du porphyre. Elle avait moins l’air de l’antre de Françoise que d’un petit temple à Vénus. Elle regorgeait des offrandes du crémier, du fruitier, de la marchande de légumes, venus parfois de hameaux assez lointains pour lui dédier les prémices de leurs champs. Et son faîte était toujours couronné du roucoulement d’une colombe. I

 

 

Réalité d’aujourd’hui

Mme Denkman, de Dangeau, crémière, au marché

3 3 Mme Denkman

 

Fiction d’hier

Le crémier

*[L’arrière-cuisine] On apercevait son dallage rouge et luisant comme du porphyre. Elle avait moins l’air de l’antre de Françoise que d’un petit temple à Vénus. Elle regorgeait des offrandes du crémier, du fruitier, de la marchande de légumes, venus parfois de hameaux assez lointains pour lui dédier les prémices de leurs champs. Et son faîte était toujours couronné du roucoulement d’une colombe. I

 

 

Réalité d’aujourd’hui

M. Renoncet, Bailleau-le-Pin, marchand de légumes, au marché

3 4 M. Renoncet

 

Fiction d’hier

La marchande de légumes

*[L’arrière-cuisine] On apercevait son dallage rouge et luisant comme du porphyre. Elle avait moins l’air de l’antre de Françoise que d’un petit temple à Vénus. Elle regorgeait des offrandes du crémier, du fruitier, de la marchande de légumes, venus parfois de hameaux assez lointains pour lui dédier les prémices de leurs champs. Et son faîte était toujours couronné du roucoulement d’une colombe. I

 

 

Réalité d’aujourd’hui

Michel, la Criée d’Armorique, Nogent-le-Rotrou, au marché

(Photos PL)

(Photos PL)

 

Fiction d’hier

La marchande de poissons

*au fond permanent d’œufs, de côtelettes, de pommes de terre, de confitures, de biscuits, qu’elle ne nous annonçait même plus, Françoise ajoutait — selon les travaux des champs et des vergers, le fruit de la marée, les hasards du commerce, les politesses des voisins et son propre génie, et si bien que notre menu, comme ces quatre-feuilles qu’on sculptait au XIIIe siècle au portail des cathédrales, reflétait un peu le rythme des saisons et les épisodes de la vie — : une barbue parce que la marchande lui en avait garanti la fraîcheur, une dinde parce qu’elle en avait vu une belle au marché de Roussainville-le-Pin, des cardons à la moelle parce qu’elle ne nous en avait pas encore fait de cette manière-là, un gigot rôti parce que le grand air creuse et qu’il avait bien le temps de descendre d’ici sept heures, des épinards pour changer, des abricots parce que c’était encore une rareté, des groseilles parce que dans quinze jours il n’y en aurait plus, des framboises que M. Swann avait apportées exprès, des cerises, les premières qui vinssent du cerisier du jardin après deux ans qu’il n’en donnait plus, du fromage à la crème que j’aimais bien autrefois, un gâteau aux amandes parce qu’elle l’avait commandé la veille, une brioche parce que c’était notre tour de l’offrir. I

 

Demain, des professionnels de la santé.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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