Proust et Brassens

Proust et Brassens

 

Inutile de chercher (je l’ai fait) : il n’y a pas l’once d’une miette d’une larme de traces du délicat Marcel chez ce bourru de Georges.

Mis à part l’amour des mots — ce qui n’est pas rien —, on peinerait à trouver des points communs.

 

Or, je suis tombé en énième lecture sur ces phrases de Sodome et Gomorrhe :

*Jupien revint, suivi par le baron. Celui-ci, décidé à brusquer les choses, demanda du feu au giletier, mais observa aussitôt : « Je vous demande du feu, mais je vois que j’ai oublié mes cigares. »

 

Voilà un comportement inattendu vis-à-vis du tabac qui ne sert que pour pénétrer chez le giletier. Et ça m’a fait penser à un couplet de La Fessée (chanson où une jeune veuve reçoit la visite d’un ami de son feu mari) :

*Ma pipe dépassait un peu de mon veston.

Aimable, elle m’encouragea : « Bourrez-la donc,

Qu’aucun impératif moral ne vous arrête,

Si mon pauvre mari détestait le tabac,

Maintenant la fumée ne le dérange pas !

Mais où diantre ai-je mis mon porte-cigarettes ? »

 

Comme le dit la phrase qui suit l’extrait de Proust : « Les lois de l’hospitalité l’emportèrent sur les règles de la coquetterie ».

On ne peut mieux dire.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis


CATEGORIES : Chronique, Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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