Je t’aime, je ne t’aime pas

Je t’aime, je ne t’aime pas

 

Émotion à son comble à la lecture (le 15) d’un journal pipole :

Closer 15

 

Quelques jours plus tard (le 22), un concurrent donne une autre version ;

Voici 22

 

Ah, la vie amoureuse de nos vedettes est bien compliquée. Il est difficile de s’y retrouver.

Mais comment nos magazines consacrés aux intermittences de leurs cœurs se seraient-ils dépatouillés des sentiments du héros de la Recherche vis-à-vis de Gilbert et d’Albertine, à la lecture de ces extraits saisis à la volée ?

 

*J’aimais toujours celle qu’il est vrai que je croyais détester. II

*Si j’écrivais à Gilberte que je ne la verrais plus, et dans l’intention de ne plus la voir en effet, je ne le disais à Albertine que par pur mensonge et pour amener une réconciliation… V

*Il y eut alors un instant où j’eus pour elle une espèce de haine qui ne fit qu’aviver mon besoin de la retenir. V

*Sans doute, de même que j’avais dit autrefois à Albertine : « Je ne vous aime pas », pour qu’elle m’aimât ; « J’oublie quand je ne vois pas les gens », pour qu’elle me vît très souvent ; « J’ai décidé de vous quitter », pour prévenir toute idée de séparation, maintenant c’était parce que je voulais absolument qu’elle revînt dans les huit jours que je lui disais : « Adieu pour toujours » ; c’est parce que je voulais la revoir que je lui disais : « Je trouverais dangereux de vous voir » ; c’est parce que vivre séparé d’elle me semblait pire que la mort que je lui écrivais : « Vous avez eu raison, nous serions malheureux ensemble. » VI

 

Finalement, je suis bien heureux d’avoir quitté le journalisme. C’eut été trop ardu à traiter.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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  1. Mon problème, c’est que j’ignore absolument qui peuvent bien être Jennifer et Thierry, et pourquoi ils sont célèbres…

    Par contre, je sais qui sont Gilberte et Albertine.

    Conclusion ? Je ne dois pas être vraiment de mon temps. Mais bizarrement, je ne suis pas à la recherche de temps perdu-là !

    PS : et inutile, mon cher Patrice, de m’indiquer les raisons de la célébrité des susdits. Non seulement je ne les connais pas, mais encore me sont-ils si parfaitement indifférents que je préfèrerais encore, tenez, avoir des nouvelles fraîches de Madame Sazerat…

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