Proust prend le train (1)

Proust prend le train (1)

 

Aux hôtes des « Gloriette »,

maison de retraite de la SNCF

à Illiers-Combray

 

Le monde du chemin de fer apparaît dès les premières lignes de la première page d’À la recherche du Temps perdu… Dans son lit, le Héros entend un train siffler qui ouvre la voie à un homme pressant le pas vers la gare.

Ainsi, le premier être vivant de l’œuvre est défini comme un découvreur de mondes.

Les voyages illustrent tout le propos proustien : voyages dans le cerveau de la mémoire et dans le cœur des sentiments, voyages dans les salons et les communs, voyages à la mer et à la campagne.

*j’entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d’un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l’étendue de la campagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine ; I

 

Pour autant, tous les guides à la recherche de Marcel Proust se trompent à Illiers-Combray.

Ils font partir la découverte de la commune immortalisée par l’écrivain de la maison de tante Léonie…

0002 Jardin de tante Léonie

 

… puis passent à l’église…

0004 Eglise Intérieur 0003 Eglise façade

 

…avant d’entraîner les visiteurs au Pré Catelan.

0006 Barrière blanche 0005 Pré Catelan

 

Ils font erreur car l’excursion initiatique devrait commencer par la voie ferrée :

0011 Gare Voies

 

*Combray, de loin, à dix lieues à la ronde, vu du chemin de fer quand nous y arrivions la dernière semaine avant Pâques, ce n’était qu’une église résumant la ville I

0012 Gare Lampadaire

 

… et la gare.

0013 Gare Inscription et fenêtre

 

*chaque année en venant de Paris, on nous recommandait de faire bien attention, quand ce serait Combray, de ne pas laisser passer la station, d’être prêts d’avance car le train repartait au bout de deux minutes I

 

C’est par là que le Héros arrive de Paris pour passer ses vacances chez sa tante Elisabeth Amiot, modèle de tante Léonie.

0015 Façade maison tante Léonie (PL)

 

Sans le train, pas de regard sur une femme qui domine l’œuvre, la duchesse de Guermantes, que le Héros croise pour la première fois à l’église Saint-Hilaire, à l’occasion du mariage de la fille d’un notable du coin, le docteur Percepied.

0016 Eglise Chapelle

 

Et sans chemin de fer, pas de promenade du côté de la maison de M. Swann et de son jardin où l’adolescent qui dit « je » aperçoit une fillette de son âge, Gilberte, à travers la haie d’aubépines séparant toujours le petit raidillon du Pré Catelan.

0017 Pré Catelan Raidillon

(Photos PL)

 

C’est à corriger impérativement concernant un auteur dont le Héros proclame son « amour pour les féeriques voyages en chemin de fer » (dans Sodome et Gomorrhe).

 

(Photos PL)

 

À suivre

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

2 comments to “Proust prend le train (1)”

You can leave a reply or Trackback this post.
  1. Au passage merci pour les magnifiques photographies.

  2. En effet ! Quel travail !

Articles populaires

Abonnez-vous

Un flux RSS proustien pour recevoir tous les articles du Fou de Proust
Et également sur et