Un modèle nommé trail

Un modèle nommé trail

 

Un trail se courra samedi prochain à Illiers-Combray… Son nom : « Trail contre le temps perdu » et c’en est la 2e édition.

Par deux fois, j’ai eu l’occasion de saluer son comité d’organisation (voir les chroniques Courir contre le temps perdu et Un beau trail d’union).

844 2e Trail

On ne le dira jamais assez : il ne faut pas se prendre pour un autre. Et c’est parce qu’il joue dans sa catégorie sportive sans chercher à occuper le terrain culturel qu’il remplit son rôle avec justesse.

Son titre est joliment proustien sans qu’il ait été besoin d’écraser la craie en l’écrivant. Les responsables n’ont pas entonné : « Voyez comme nous avons de l’esprit. » Avec eux, c’est tout naturellement que la tête et les jambes « marchent » ensemble.

Le parcours mène aux sources du Loir, à Mirougrain, à Saint-Éman sans qu’il soit nécessaire de faire un clin d’œil appuyé aux pages de la Recherche.

Et c’est en toute discrétion que le dépliant cite une phrase de Du côté de chez Swann : « Je traînais la jambe, je tombais de sommeil, l’odeur des tilleuls qui embaumait m’apparaissait comme une récompense qu’on ne pouvait obtenir qu’au prix des plus grandes fatigues. »

Gare ! la citation est tronquée car Proust n’a mis le point final qu’après avoir fait suivre « plus grandes fatigues » de « et qui n’en valait pas la peine ».

Inutile petite tricherie, chers amis du Trail.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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