Quel temps avez-vous mis pour lire Proust ?

Quel temps avez-vous mis pour lire Proust ?

 

Amusante chronique de France Info, radio du service public… Signée Guy Birenbaum, elle est consacrée à la « trouvaille » d’un site internet canadien qui calcule le temps que nous allons mettre à lire un livre. Il a indexé douze millions d’ouvrages. Mode d’emploi :

 

« Vous saisissez le titre du livre que vous envisagez de lire dans la barre de recherche. S’affiche alors un descriptif du livre avec sa couverture. Vous lisez cette fiche descriptive en appuyant sur start. Vous cliquez une seconde fois quand vous avez fini de lire ce petit texte et là un algorithme calcule combien de temps vous passerez à lire le livre en entier… […]

J’ai pris le livre dont tout le monde parle ces jours ci, Paris est une fête, de Hemingway. J’ai lu la fiche descriptive. 139 mots en 14 secondes ce qui fait 596 mots par minute. Je lis trop vite… Il me faudra donc 2 h et 31 minutes pour relire ce texte que je connais déjà. Là où c’est aussi un vrai piège commercial c’est qu’ensuite le site vous propose d’acheter le livre choisi via un lien direct et unique vers Amazon… Alors en fouillant j’ai découvert que le site Personnal Creations avait déjà dressé une liste de classiques de la littérature en calculant un temps de lecture moyen. En gros on lit 300 mots par minute. Ça donne une demi-heure pour Antigone de Sophocle, 1 h30 pour Love Story d’Erich Segal, 2 h30 pour Gatsby le Magnifique de F. Scott Fitzgerald, 8 h30 pour Madame Bovary de Flaubert, 32 h30 pour La Guerre et la Paix de Tolstoï, un peu plus de 60 heures pour tout Harry Potter. Autant vous dire que ces mesures me rendent dingue. D’abord, je lis plusieurs livres à la fois. Il y en a aussi que je n’arrive pas à finir. Je suis bloqué page 250 de La Recherche du Temps perdu de Marcel Proust depuis mars 2014. Donc, essayer d’évaluer le temps qu’on va prendre pour lire un livre c’est inepte. Il faut arrêter de mesurer, d’évaluer, de compter, de quantifier… Prenez tout le temps qu’il vous faut. Et un jour vous rencontrerez un livre que vous serez tellement triste de finir et de devoir quitter que vous ralentirez pour en savourer les dernières pages. Puis les dernières lignes. Et vous le relirez. Une fois, deux fois, dix fois. Et ça aucun site idiot ne saura JAMAIS le calculer. »

 

Je confirme : la première fois que j’ai ralenti à la fin d’une lecture, c’était pour Les Essais de Montaigne au dernier jour d’un séjour à la Mamounia. La Recherche, je l’ai achevée en trois mois à Cotonou. À croire qu’avec moi, les voyages forment le goût de lire.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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