Deux albums d’hommage à Proust

                   Deux albums d’hommage à Proust

 

Deux ouvrages consacrés à Marcel Proust paraissent ces jours-ci…

Ils ont en commun d’avoir pour auteurs des amateurs désireux de faire partager leur passion pour l’écrivain.

 

Le signataire du premier se revendique même « autodidacte » : Claude Wittezaële propose Cheminements proustiens (13 €, Éditions de la spirale), balade cultivée à travers la France dont les étapes ont été inspirées par la vie et l’œuvre de Proust.

Claude Wittezaële

 

Dans ce parcours personnel donc subjectif, l’ami Claude nous entraîne ainsi en Lorraine, en Picardie, en Berry-Bourbonnais, en Languedoc-Roussillon, en Normandie et… en Musique. Avec lui, vous croiserez Maurice Barrès, Henri Le Sidaner, Marguerite Audoux, Céleste Gineste, Jacques-Émile Blanche et César Franck. En bonne compagnie, vous découvrirez Hattonchâtel, Frucourt, Aubigny-sur-Nère, La Canourgue et Saint-Christophe-en-Jajolet.

Un regret : l’auteur assume de ne pas emprunter « ces chemins déjà bien encombrés » qui mènent aux deux « Mecque » proustiennes que sont Illiers-Combray et Cabourg. On eut aimé savoir ce qu’elles lui ont inspiré — et si c’était une idée pour une suite ?

 

L’autre ouvrage a le format d’un grand cahier mais doit se feuilleter à la verticale comme un calendrier des Postes, ce qui n’est guère pratique. Couleurs et espaces du temps perdu à Illiers-Combray est dû à Mohic Bezault-Lavergne (13, 50 €, Cherche-Midi).

Mohic Bezault-Lavergne

 

Native d’Illiers, enseignante, elle nous entraîne avec force citations et illustrations, dont de touchantes aquarelles de sa main, dans un passé trépassé.

Un regret : certes, les erreurs sont humaines — et j’en commets autant qu’un autre — mais dans un livre, c’est plus désolant qu’ailleurs. Ainsi, comment faire de Florent d’Illiers « le Golo de la lanterne magique vu par le narrateur » alors qu’il est Gilbert le Mauvais ? Comment les notes osent-elles Le Côté de chez Swann et Du côté de Guermantes, inversion malvenue ?

Le Brou cité dans la Recherche, enfin, n’est pas la ville voisine d’Illiers, un des « noms de pays utilisés par Marcel Proust » :

*toujours la pensée de l’absente était indissolublement mêlée aux actes les plus simples de la vie de Swann — déjeuner, recevoir son courrier, sortir, se coucher — par la tristesse même qu’il avait à les accomplir sans elle, comme ces initiales de Philibert le Beau que dans l’église de Brou, à cause du regret qu’elle avait de lui, Marguerite d’Autriche entrelaça partout aux siennes. Du côté de chez Swann

Ce Brou-là est un édifice religieux de Bourg-en-Bresse, dans l’Ain : monastère royal il est la preuve d’un amour qui se voulait éternel, bâti dans la pierre et le marbre au début du XVIe siècle par Marguerite d’Autriche, veuve inconsolée de Philibert II de Savoie, dit le Beau.

 

Dommage.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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