L’amie Debbie était ici

L’amie Debbie était ici

 

Proust ne cesse de m’offrir des belles rencontres… Pour ne rien vous cacher, je n’aurais pas imaginé bénéficier de tant d’échanges splendides, profonds, authentiques en venant vivre à Illiers-Combray.

Je protestais quand des proches disait craindre pour moi, le citadin né, un « trou », loin de tous et de tout. Serai-je tel la poétesse, «  jeune femme dont le visage pensif et les voiles élégants n’étaient pas de ce pays et qui sans doute était venue, selon l’expression populaire « s’enterrer » là » ? Une toute petite voix au fond de moi-même susurrait qu’il y avait quand même un risque.

Or, chaque jour qui passe illustre que le choix fut fructueux — même si ce n’était pas joué d’avance.

Du Jour de l’An à la Saint-Sylvestre, les occasions se présentent de croiser de bien intéressants pèlerins au pays de Léonie. Mon affabilité et leur disponibilité font le reste. S’ensuivent une conversation, un thé partagé, un repas chez moi, une nuit sous mon toit — c’est selon…

C’est le divin Marcel qui nous réunit et nourrit nos discussions. Et si les rues d’Illiers-Combray sont parfois désertes de visiteurs à sa recherche et en quête d’un autre temps, mon blogue me fait trouver d’autres passionné(e)s. Je n’ai aucun mérite de m’être auto-baptisé « fou de Proust ». Depuis deux ans que je décortique la Recherche, j’en ai eu des partages avec des cinglés, des fadas, des fondus, des mabouls, des toqués.

Sans précision, ces mots pourraient être pris en mauvaise part, mais suivi par « de Proust », cela donne une belle communauté d’épris et de férus d’un écrivain, de son œuvre et de son monde.

De chair et de sang sous mon ciel ou immatériels sur internet, mes compagnes et compagnons en prousteries vivent en Europe, aux Amériques (nord et sud), en Afrique et en Asie. Naturellement, quand ils ou elles annoncent leur visite pour ajouter à leur passion l’envie de me voir, je suis comblé.

 

Ma dernière visite a eu lieu ce week-end. Je l’attendais avec impatience : Debbie Wiess s’en est venue. Proustienne de Boston, Massachusets, elle est l’auteure de Proust et Joyce à l’Hôtel Majestic, pièce dont je vous ai déjà parlé ici et que j’espère pouvoir monter en des lieux mémorables dans mes environs. De la cathédrale de Chartres à l’église d’Illiers-Combray, de Tansonville à Saint-Éman, sans omettre le château de Villebon, nous avons mis nos pas dans toutes les stations du chemin — de gloire, pas de croix — qui sillonnent la Recherche en Eure-et-Loir, et particulièrement Du côté de chez Swann. Nous avons marché, nous avons parlé, nous avons ri, nous avons mangé — de quoi nourrir des souvenirs pour quelque temps.

790 Patrice et Debbie

 

L’amie Debbie m’a appris que son Proust Reading Group vivait en parallèle avec un autre groupe proustien à Boston (elle est membre des deux) et qu’elle participe à d’autres cénacles littéraires, consacrés à James Joyce ou à Anthony Troloppe (dont j’avoue que j’en ignorais tout).

 

La littérature, c’est l’ouverture.

 

Parole de ptroustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

2 comments to “L’amie Debbie était ici”

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  1. Hors sujet.
    Je lis dans Le Monde de dimanche lundi que, lors de la remise à Michel Rocard de la grand croix de la Légion d’Honneur à l’Elysée, en présence de vétérans socialistes, Jacques Julliard (né en 1933) a murmuré: « c’est un peu comme si l’on rejouait un assemblée proustienne du Temps Retrouvé ».
    Proust référence incontournable, comme il n’aurait pas dit.

  2. Ah quelle chance Debbie d’avoir pu aussi faire les promenades à Illiers-Combray! Il faudra que je revienne pour achever ma visite débutée l’été dernier! Bonne journée.

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