Illiers-Combray, exceptionnel mais pas unique

« Illiers-Combray, exceptionnel mais pas unique

 

C’est le très chic site Condé Nast Traveller qui a fait le travail… J’étais convaincu qu’en France mais sans doute aussi dans le monde entier, la commune immortalisée par Marcel Proust était la seule à avoir été rebaptisée pour des motifs littéraires.

panneau-illiers-combray

J’avais tort.

Dans un article signe Ken Jennings publié cette semaine (http://www.cntraveler.com/stories/2015-09-08/what-happens-when-a-fictional-town-becomes-a-real-place-ken-jennings), il nous le révèle : « Combray isn’t the only fictional place to enter the real world ».

Certes, explique-t-il, Illiers-Combray est célèbre pour être « a real town that got invaded by its own fictional doppelgänger » [une vraie ville qui a été envahie par son propre double fictionnel].

Et de raconter que c’est en 1971, pour le centenaire de la naissance de l’écrivain, que Combray (fictif) a été ajouté à Illiers (réel).

 

Mais d’autres endroits sur la planète ont connu la même consécration.

« En 1895, une rue de Londres, Rose Street, a changé son nom en « Manette Street » en l’honneur du docteur Manette, un personnage qui y habitait dans Le Conte de deux cités, de Charles Dickens.

En 1966, le Chili a renommé la minuscule île de Más a Tierra en « Île de Robinson Crusoe » parce que Más a Tierra était la maison du marin abandonné Alexander Selkirk, la vivante inspiration de Robinson.

En 1865, des promoteurs du Devon ont fondé la station balnéaire de « Westward Ho! », point d’exclamation compris, ainsi baptisée d’après un roman historique à succès de l’époque.

Même la Californie a d’abord été un roman imaginaire. Les premiers explorateurs du Nouveau Monde ont aussi nommé beaucoup de leurs découvertes après avoir existé dans des livres. « Californie » est un lieu mythique d’un roman de 1510 : une île où une belle guerrière à la peau sombre dirige une armée de femmes vêtues d’armure en or et chevauchant des griffons. [Las sergas de Esplandiàn, de Garci Rodriguez de Montalvo]

Le mois dernier, des astronomes ont nommé une plaine sinistre de Charon, la lune de Pluton, « Mordor », comme une région du Seigneur des agneaux de J. R. R. Tolkien (1955). »

 

La recherche continue — mais aucun de ces lieux n’aura jamais la saveur d’une madeleine.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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