Vers une indigestion de Madeleines d’ici 2017 ?

Vers une indigestion de Madeleines d’ici 2017 ?

 

La politique et la littérature ne font pas forcément bon ménage…

Ces derniers temps, une scie s’installe : la Madeleine de Sarkozy.

 

Tout commence lors de la campagne des régionales en mars. Une retraitée marseillaise qui votait UMP est passée au FN. Un jour de mars, sur RTL, elle interpelle Nicolas Sarkozy. Ah oui, elle se prénomme Madeleine.

Son ancien chouchou flaire le bon coup et se met à parler d’elle dans ses meetings sur le thème « Je veux reconquérir toutes les Madeleine de France ». Mieux, il l’invite à venir le voir au siège de son parti. La rencontre a lieu en mai. Bise, photo. Résultat : la « porte » serait « ouverte ».

L’ancien président de la République en remet une couche dans une interview ce mois-ci à Valeurs actuelles : « À ces millions de Madeleine, je veux dire de ne pas suivre la politique du pire. »

Les journaux flairent le bon coup. L’Obs écrit : « Lui qui ne jure que par la littérature a trouvé sa Madeleine » — Proustiens ou non, suivez mon regard, ouaf ouaf. Dans Les Echos, l’économiste Jean-Yves Archer, file la métaphore sous le titre « Les madeleines de Nicolas Sarkozy » : « L ‘entretien de Nicolas Sarkozy n’est pas sans rappeler la madeleine de Proust : un objet, un mot, un geste qui en rappelle un autre. […] Chez Marcel Proust, les seringas offerts par Madame de Guermantes dégagent une odeur violente comme les fleurs savent parfois l’imposer. L’entretien de l’ancien président de la République aurait pu avoir le côté suave des madeleines […] A regret, une sorte de racolage que l’analyse sémiologique détecte sans difficulté a nui à la portée du propos et a effacé les madeleines pour des chouquettes un peu grasses. »

 

D’autres choisissent une référence à une chanson célèbre, tel Le Point :

« Ce soir, j’attends Madeleine, / J’ai apporté du lilas, 
/ J’en apporte toutes les semaines, 
/ Madeleine, elle aime bien ça.

Amateur de variété française, Nicolas Sarkozy fredonne dans son interview à Valeurs actuelles les paroles interprétées par Jacques Brel, transi d’amour pour cette Madeleine qui joue la belle indifférente. »

 

Proust ou pas, Il est à craindre que Nicolas nous serine ses relations avec Madeleine d’ici à l’Élysée reconquis tel qu’il l’espère et que les médias en profitent pour se piquer de belles lettres.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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