Le sanctuaire de Mireille

Le sanctuaire de Mireille

 

J’ai failli ne pas entendre la secrétaire générale de la Société des Amis de Marcel Proust et des Amis de Combray (Sampac)….

Non que je n’était pas réveillé à 6 h 50, mais l’animatrice de France Inter qui la recevait dans le cadre d’une chronique, « Maisons d’écrivains », pour évoquer la maison de tante Léonie, m’a un peu énervé.

Elle a commencé en disant que Marcel Proust a passé ses vacances d’été à Combray en Eure-et-Loir et sa première question a été pour s’enquérir : « Était-il matinal ? ».

 

Or, Illiers n’est pas Combray et les journalistes apprennent à poser des questions qui n’affichent pas les trous dans leur culture.

Pour ne rien rater des propos de Mireille Naturel, je me suis retenu de briser mon poste.

Que cherchent les visiteurs venus du monde entier, a demandé la dame de la radio de service public ? Réponse de l’amie Mireille : « Une sorte de sanctuaire ».

J’avoue que j’ai sursauté. Notre proustienne patentée a parfaitement le libre choix de ses mots, mais celui-là m’a déstabilisé. J’ai illico ouvert mon petit Robert : « Sanctuaire — 1. Lieu le plus saint d’un temple, d’une église, interdit aux profanes. 2. Édifice consacré aux cérémonies d’une religion, lieu saint. 3. Lieu protégé, fermé, secret, sacré »…

 

Est-ce la météo ? Il semble souffler une brise de religiosité en ce moment sur Illiers-Combray (voir la chronique d’hier, Le fou de Proust en moine-soldat !). Pour ma part (et pas seulement au nom de la laïcité), j’aurais choisi un autre mot, aucune des trois définitions ne m’inspirant.

 

Au fait, vous, comment définiriez-vous la Maison de tante Léonie ? Le concours est lancé !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

5 comments to “Le sanctuaire de Mireille”

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  1. Ah là là. La maison de Tante Léonie est, à mon sens, une sorte d’expiation » du snobisme du Narrateur.

    Voilà :

    Dans le « temps retrouvé », le Narrateur explique que, jeune mondain, il avait peur que ses hôtes aristocratiques ne découvrent son appartenance à la toute petite bourgeoisie de Combray, alors que ces nobles en étaient, avant la révolution, les « seigneurs et maîtres ».

    Et puis il a certainement eu un sursaut d’indignation devant cette peur de cette « honte » : être issu d’un petit-moyen bourgeois d’Illers-Combray.

    Et ce lien, pour ténu qu’il fut, il l’a donc placé au coeur de sa Recherche. Revendiquant d’avoir divagué, enfant, sur les vitraux de l’église qui relataient l’histoire de l’aristocratique famille des Guermantes, pour excuser sa mondaine passion snob pour une famille illustre du Faubourg Saint Germain…

    Cette revendication passe bien enendu par la description minutieuse de la maison de Tante Léonie, de l’ordre (magnifié) qui y régnait, dans la Recherche.Une manière de dire « voyez, ce qui est le moins « élégant » chez moi, cette vie étroite et provinciale, cette « origine » dont j’ai pu avoir un peu honte, et bien en vrai, au fond, quand tous les simulacres ont été mis au jour, c’est finalement ce qui me reste de mieux. »

    La pepsine de Tante Léonie,comme antidote à mon snobisme invétéré…

    Enfin, à mon sens.

  2. Sans vergogne: la maison de Tante Léonie, demeure d’où partirent et où revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher désert, les aventures du Héros de la Recherche.

  3. On pourrait dire aussi: berceau de la Recherche.

  4. « Magical » for a young boy with a vivid imagination:

    African trinkets collected in Algeria, the lantern, learning the local history and botany, reading and fishing in the Pré Catelan, falling in love with the hawthorn trees, the fields of blue cornflowers and brilliant red poppies, exploring the Loir and hiding in the « ruined medieval towers, the only vestiges of an ancient fortified castle, » sitting in the church with « choir stalls and enclosed pews date from the era of Louis XIII, » visiting the « ancient tomb called the Tombelle-de-Montjouvin, » searching for Mirougrain and the tale of Juliette and the dolmens, and then…the walks!
    (List from Bill Carter’s biography, « Marcel Proust: A Life »)

  5. je l’appellerais petit pan de mur rose

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