Mots d’Oriane (6)

6

Un mot d’Oriane. Moqueur.

Dialogue entre la princesse des Laumes et Swann :

— Pourquoi est-ce que vous saluez cette Cambremer, est-ce que vous êtes aussi son voisin de campagne ?

— Mais vous l’êtes vous-même, princesse.

— Moi, mais ils ont donc des campagnes partout, ces gens ! Mais comme j’aimerais être à leur place !

— Ce ne sont pas les Cambremer, c’étaient ses parents à elle ; elle est une demoiselle Legrandin qui venait à Combray. Je ne sais pas si vous savez que vous êtes comtesse de Combray et que le chapitre vous doit une redevance ?

— Je ne sais pas ce que me doit le chapitre, mais je sais que je suis tapée de cent francs tous les ans par le curé, ce dont je me passerais. Enfin ces Cambremer ont un nom bien étonnant. Il finit juste à temps, mais il finit mal !

— Il ne commence pas mieux.

— En effet cette double abréviation !…

— C’est quelqu’un de très en colère et de très convenable qui n’a pas osé aller jusqu’au bout du premier mot.

— Mais puisqu’il ne devait pas pouvoir s’empêcher de commencer le second, il aurait mieux fait d’achever le premier pour en finir une bonne fois.

[…] — Oh mon petit Charles, prenez garde, voilà l’affreuse Rampillon qui m’a vue, cachez moi, rappelez-moi donc ce qui lui est arrivé, je confonds, elle a marié sa fille ou son amant, je ne sais plus ; peut-être les deux…. Et ensemble ! Ah ! non, je me rappelle, elle a été répudiée par son prince… (I)


CATEGORIES : Divertissement/ AUTHOR : patricelouis

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