Un remède oublié : l’antipyrine

Un remède oublié : l’antipyrine

 

Il faut que je me fasse soigner…

J’ai omis un médicament dans la liste des drogues et remèdes (voir la chronique de ce nom). Il s’agit de l’antipyrine qu’un personnage de La Prisonnière, une bisexuelle, utilise contre sa migraine. La substance a été découverte en 1833 par un chimiste allemand, Ludwig Knorr. C’est lui qui en a trouvé le nom, du grec anti (contre) et puretos (fièvre).

651 Antipyrine

 

*Je me souvins avec horreur d’un soir qui, à l’époque, m’avait seulement semblé ridicule. Un de mes amis m’avait invité à dîner au restaurant avec sa maîtresse et un autre de mes amis qui avait aussi amené la sienne. Elles ne furent pas longues à se comprendre, mais, si impatientes de se posséder, que, dès le potage, les pieds se cherchaient, trouvant souvent le mien. Bientôt les jambes s’entrelacèrent. Mes deux amis ne voyaient rien ; j’étais au supplice. Une des deux femmes, qui n’y pouvait tenir, se mit sous la table, disant qu’elle avait laissé tomber quelque chose. Puis l’une eut la migraine et demanda à monter au lavabo. L’autre s’aperçut qu’il était l’heure d’aller rejoindre une amie au théâtre. Finalement je restai seul avec mes deux amis, qui ne se doutaient de rien. La migraineuse redescendit, mais demanda à rentrer seule attendre son amant chez lui afin de prendre un peu d’antipyrine. Elles devinrent très amies, se promenaient ensemble, l’une habillée en homme et qui levait des petites filles et les ramenait chez l’autre, les initiait. L’autre avait un petit garçon, dont elle faisait semblant d’être mécontente, et le faisait corriger par son amie, qui n’y allait pas de main morte. (V, 242)

 

Je me sens mieux.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

PS : la chronique Drogues et remèdes a été complétée.

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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