Proust invité de Vinci Autoroutes

Proust invité de Vinci Autoroutes

 

Commençons par l’essentiel : l’accès direct à Illiers-Combray sur l’autoroute A 11 ouvrira le 10 juillet prochain.

C’est l’information à retenir de l’inauguration officielle de l’échangeur/diffuseur (le maître d’œuvre n’arrive pas choisir entre les deux noms) hier après-midi sur le lieu même, au futur péage.

 

Il y avait là le ban et l’arrière-ban politique de la commune, du canton, du département, même si les têtes d’affiche s’étaient fait porter pâle (du préfet au président du Conseil départemental). Il y avait aussi des acteurs économiques, des médias, des enfants d’une école, jusqu’à l’écharpée miss du Pays de Combray.

Pour tout ce beau monde, les discours des élus furent à l’unisson. Le maire comme la députée sacrifièrent à l’interminable énoncé des personnalités à saluer (notamment « MM. les officiers supérieurs de la Gendarmerie nationale » et « M. le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie » — sans oublier le renvoi d’ascenseur, la représentante à l’Assemblée nationale (« Chère Laure »), le premier magistrat de la commune (« Cher Bernard »).

Lui tenta le lyrisme (« cette formidable porte d’entrée vers l’avenir ») et fila la métaphore (« Nul besoin de comptables Cassandre pour gérer le département).

Elle fut plus directe : « Ce projet, nous y tenions mordicus ». Et dans un même élan, ils finirent l’un et l’autre par un vibrant « Vive la France ! ».

 

Invité par Vinci, le proustiste s’attacha surtout à compter les occurrences de « Marcel Proust » : deux chacun et fort convenues : il fut question d’un écrivain « mondialement connu » pour le maire, qui glissa une publicité incongrue pour une madeleine ; la députée salua « l’immense écrivain » dont elle a souhaité « qu’il soit aussi connu en France qu’aux Etats-Unis et au Japon ».

 

Une fois de plus, il a fallu attendre un hôte extérieur pour trouver les mots qu’il faut. Pour remonter à l’origine du projet, il y a plus de vingt ans, Pierre Coppey, le président de Vinci Autoroutes, commença ainsi son propos : « En partant à la recherche du temps perdu… ». C’était bien, mais facile… mais bien. Il fut parfait quand il évoqua la Maison de tante Léonie, l’univers de Marcel Proust, le clocher (que l’on voit du péage), les côtés de chez Swann et de Guermantes. Comment dire ? C’était plus argumenté, plus senti.

Que les élus ne m’en tiennent pas rigueur, mais Proust ne supporte pas le banal, le conventionnel. Pour faire venir du monde, le monde, à Illiers-Combray, il faut montrer qu’on s’intéresse à lui, sans cliché, sans banalité. La Beauce est assez plate pour qu’on n’y ajoute pas la platitude.

 

Après les discours, vint le moment du ruban à couper.

01 Ruban

 

Les plus curieux purent vérifier que l’on voyait le clocher à travers les postes du péage :

02 Clocher

 

Notez-bien : le diffuseur/échangeur d’Illiers-Combray vous sera ouvert à partir du vendredi 10 juillet.

 

Parole de proustiste (mais surtout de Vinci)…

Patrice Louis

 

PS : À peine cette chronique publiée, Jérôme Bastianelli me fait remarquer que l’ouverture correspond à l’anniversaire de Proust.

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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  1. Je viens de la tester. De Saint Jacques (Illiers-Combray) à Sainte Bernadette (Chaville) : 108km, porche à porche, durée 70 minutes.

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