Snober Proust

Snober Proust

 

C’est le plus chic des contrepieds… À quoi bon vouer une admiration béate pour l’auteur d’À la Recherche du temps perdu ? C’est d’un banal ! Il est bien plus original d’afficher son dédain, de proclamer son ignorance.

Deux témoignages rigolos glanés ce mois-ci dans la presse.

Le National Post, journal canadien évoque dans une nouvelle biographie de Saul Below, écrivain canadien-américain d’origine judéo-russe et prix Nobel de littérature en 1976, une posture d’un de ses frères, Maury. En dehors de collectionner les conquêtes féminines et… les costumes (il en possédait trois cents), il aimait lire mais ne voulait pas que n’importe qui le sache. Du coup, s’il voyait un livre de Marcel Proust sur une étagère, il demandait : « Who’s this guy Prowst ? »

La Marseillaise, quotidien méridional français, consacre un article à un autre Américain, James Ellroy, à l’occasion de la parution de son dernier livre, Perfidia. « Cet écrivain culte américain dit « avoir plus de lecteurs en France qu’aux États-Unis ». Et ce n’est peut-être pas une simple boutade élégante, à voir les centaines de Marseillais — d’étrangers aussi — qui se pressaient samedi après-midi dans les deux salles de l’Alcazar pour voir en chair et en os et surtout entendre l’auteur d’une œuvre que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de balzacienne. Même si l’intéressé répond d’une pirouette « qu’il n’a jamais entendu parler » de cet auteur pas plus que d’Alexandre Dumas ou de Marcel Proust. »

 

Les Ricains, toujours le mot pour rire !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

3 comments to “Snober Proust”

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  1. Hélas, je ne suis pas sûre qu’Ellroy ne dise pas la vérité. Son autobiographie (« ma part d’ombre »)le décrit passant une adolescence de brute épaisse, dans une baraque pourvue de crottes de chien par terre, près d’un père particulièrement abruti, sans la mère (assassinée) et en fait d’études, disons que nous arrivons là devant le puits sans fond de l’ignorance… Comme en plus, il proclame maintenant ne vivre que dans le passé, (les années 40 à Los Angeles), ça se trouve, il ne sait effectivement RIEN ni de Balzac, ni de Dumas ni de Proust. Soupir.

  2. La question demeure : « Faut-il nécessairement avoir lu Proust pour écrire ? »

    James Ellroy est sans doute l’un des plus grands écrivains américains du XXe siècle finissant : en quoi la lecture de Proust le rendrait-il plus précieux ?
    Nos écrivains nationaux connaissent-ils le travail de Melville, Faulkner, Wharton, Pynchon… ?

    Proust, mètre-étalon du snobisme littéraire ???

  3. patricelouis says: -#1

    Certes… Mais de tels propos peuvent aussi relever de postures…

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