Pétition proustienne

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Pétition proustienne

 

Nous voulons boire le thé chez tante Léonie.

 

Visiter le musée Marcel Proust à Illiers-Combray est un plaisir que nous apprécions.

 

Seulement, une fois le jardin et les pièces admirés, il nous manque quelque chose. La boutique pallie en partie notre frustration.

 

En réalité, nous serions comblés si nous pouvions prendre une consommation, prioritairement une tasse de thé accompagnée d’une madeleine.

 

 

 

Imprimez cette pétition, signez-la (précisez vos prénom, nom, ville et pays de résidence), faites-la circuler et retournez-la à

Patrice « le fou de Proust » Louis

16 rue Ronsard

28120 Illiers-Combray.

 

Elle sera remise à la Société des Amis de Marcel Proust et des Amis de Combray (Sampac) ainsi qu’au Conseil Départemental d’Eure-et-Loir, l’institution partenaire.

 

Mobilisez-vous pour le droit au thé chez tante Léonie. Unis, nous vaincrons.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

5 comments to “Pétition proustienne”

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  1. Que me voilà un juste combat ! J’y ajouterai cependant une légère variante : la possibilité de tremper la madeleine soit dans du thé, soit dans du tilleul, puisque les deux sont mentionnés dans la Recherche. Et pour moi, le meilleur serait du tilleul, évidemment, et pas du tilleul déshydraté en sachets tout préparés, mais du « vrai » tilleul, comme celui qui est si admirablement décrit ! Allez, zou, je vais vous imiter Patrice, et copier-coller l’extrait !!!

     » c’était moi qui étais chargé de faire tomber du sac de pharmacie dans une assiette la quantité de tilleul qu’il fallait mettre ensuite dans l’eau bouillante. Le desséchement des tiges les avait incurvées en un capricieux treillage dans les entrelacs duquel s’ouvraient les fleurs pâles, comme si un peintre les eût arrangées, les eût fait poser de la façon la plus ornementale. Les feuilles, ayant perdu ou changé leur aspect, avaient l’air des choses les impossible disparates, d’une aile transparente de mouche, de l’envers blanc d’une étiquette, d’un pétale de rose, mais qui eussent été empilées, concassées ou tressées comme dans la confection d’un nid. Mille petits détails inutiles,—charmante prodigalité du pharmacien,—qu’on eût supprimés dans une préparation factice, me donnaient, comme un livre où on s’émerveille de rencontrer le nom d’une personne de connaissance, le plaisir de comprendre que c’était bien des tiges de vrais tilleuls, comme ceux que je voyais avenue de la Gare, modifiées, justement parce que c’étaient non des doubles, mais elles-même et qu’elles avaient vieilli. Et chaque caractère nouveau n’y étant que la métamorphose d’un caractère ancien, dans de petites boules grises je reconnaissais les boutons verts qui ne sont pas venus à terme ; mais surtout l’éclat rose, lunaire et doux qui faisait se détacher les fleurs dans la forêt fragile des tiges où elles étaient suspendues comme de petites roses d’or,—signe, comme la lueur qui révèle encore sur une muraille la place d’une fresque effacée, de la différence entre les parties de l’arbre qui avaient été « en couleur » et celles qui ne l’avaient pas été—me montrait que ces pétales étaient bien ceux qui avant de fleurir le sac de pharmacie avaient embaumé les soirs de printemps. Cette flamme rose de cierge, c’était leur couleur encore, mais à demi éteinte et assoupie dans cette vie diminuée qu’était la leur maintenant et qui est comme le crépuscule des fleurs. »

    ah là là. L’éclat « rose, lunaire et doux », et puis ce « crépuscule des fleurs »…

    Je ne sais pas vous, mais goûter un tilleul préparé ainsi dans la maison de Tante Léonie, ce serait comme partager la relation intime, créative et tendre du narrateur envers le monde sensible qui nous entoure tous, et qui nous couvre, comme les feuilles de tilleul séchées nous offrent encore leur éclat estompé et leur goût délicat, de ses bienfaits même posthumes.

    (zut, à chaque fois que je lis un passage de la Recherche de ce type, c’est comme si Marcel, fantôme obstiné, rôdait autour de moi -et guidait mes doigts ! Pardon pour ce -maladroit- pastiche : ce n’est pas moi, c’est Marcel, vous dis-je !) (sourire).

  2. Je n’ose suggérer de mettre en plus un pavé bien inégal sur un passage du pèlerinage proustien qui pourrait provoquer une félicité proustienne elle aussi, mais pourrait entraîner des chutes beaucoup moins exaltantes.

  3. Et des serviettes au toucher légèrement rêche, aussi. Oui, oui, Fétiveau, nous sommes sur la bonne voie…

  4. And….the spoon knocked against the plate and the clang of the hammer on the wheel of the carriage.

    Someone claims there are twelve instances of involuntary memory in the novel. I have not counted them all, so not sure is that is true.

  5. Ayant déjà visité le musée Marcel Proust, je suis d’accord, prendre une tisane dans la cour de la maison de tante Léonie serait un véritable plaisir qui ajouterait une note de félicité à la visite du musée.

    Michel Roussy
    Montréal, Québec

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