Proust à tout âge

Proust à tout âge

 

Ce qui est formidable avec Proust, c’est qu’il m’ouvre des portes auxquelles je n’aurais jamais songé à frapper… Vous me direz que c’est vrai pour toute passion que l’on a envie de partager et vous aurez raison, mais j’aime à l’appliquer particulièrement avec À la recherche du Temps perdu.

 

Ainsi, j’ai passé une partie de l’après-midi d’hier avec les hôtes des Gloriettes, la maison de retraite de la SNCF à Illiers-Combray.

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Ce fut un enchantement.

Il y a quatre mois, j’avais rencontré es élèves au collège Marcel Proust et ç’avait déjà été une belle expérience (Voir la chronique Vivent les enfants !). D’une génération à l’autre, les uns comme les autres se sont montrés attentifs et intéressés. Dans les deux cas, ils se sont laissés embarquer dans le Combray d’un autre temps par la grâce d’un texte intemporel. Avec les aînés, dont la plupart ignoraient tout de l’auteur et de son œuvre, j’ai eu plaisir, illustrations à l’appui, à leur raconter la famille du premier et à leur faire vivre l’épisode de la madeleine. La lecture de l’extrait les a emportés — merci à Dorine, l’accueillante animatrice, d’avoir initié le rendez-vous.

[Deux photos retirées à la demande de l’établissement.]

 

Je les ai invités à faire partager leur propre « madeleine de Proust », ce qu’ils feront — si le cœur leur en dit — à ma prochaine venue. J’y suis allé de ma confidence avec le chocolat chaud qui me renvoie à la phosphatine Fallières de mon enfance parisienne servie dans des assiettes creuses et que je répartissais à la petite cuiller sur les bords pour la refroidir avant de la déguster. Toutes les blouses de l’école Notre-Dame-des-Champs et toute la rue Delambre, et les bonnes gens du quartier et tout Montparnasse, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et trottoirs, de mon assiette de bouillie.

 

La prochaine fois, je leur lirai la scène du baiser d’avant le lit dont l’absence fut un soir à Combray si perturbante. Cet instantané des rapports mère/fils, parents/enfants devrait, lui aussi, trouver un écho chez celles et ceux qui ont l’âge aujourd’hui d’être arrière grands-mères ou arrière-grands-pères.

Je suis d’avance tout ému de retrouver ces Proustiens en herbe.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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  1. Je vous reconnais bien là cher ami : aller toujours vers les autres pour faire connaître Proust, c’est admirable! Et je suis sûre que ces personnes vous adorent, lorsque l’on voit tous ces visages heureux! Bravo!

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