Tristane à pleurer…

Tristane à pleurer…

 

… à pleurer de rire !

Tristane Banon vient de commettre une agression textuelle contre Marcel Proust. Et elle est irréparable.

La dame se présente comme romancière, nouvelliste, journaliste et chroniqueuse. Elle est cependant plus connue pour ses relations avec Dominique Strauss-Kahn qu’elle a poursuivi pour agression sexuelle que pour sa contribution à la littérature française.

Le rapport avec Proust ? J’y viens. Elle vient de sortir un livre que l’objectivité m’oblige à vous citer (sans que vous deviez y voir une incitation à l’acheter) : Love et caetera, L’Archipel, 240p.). Je n’ai pas trouvé de critique dans les pages Culture des journaux. En revanche, Mlle Banon a accordé une interview à l’hebdomadaire sportif So Foot, parce qu’elle partage la vie d’un ancien footballeur du PSG, prénommé Pierre.

Tristane Banon

 

L’entretien commence moderato (mais à but rigolo).

Q — Vous n’avez pas franchement l’image d’une fan de foot, et pourtant il semble très présent dans votre vie ?

R — Mon premier travail de stagiaire dans la presse touchait au sport. Et au foot. Pour l’office municipal des sports de Plaisir.

 

Très vite surgit le corps du délit, scherzo :

« J’ai toujours trouvé que le foot était un sport particulièrement romanesque, avec des figures exceptionnelles comme Mourihno. Marcel Proust se serait éclaté à placer dans l’une de ses œuvres un personnage tel que Zlatan [Ibrahimovic, attaquant du PSG], qui s’est déjà inventé un personnage complètement fou. « Ce n’est pas Zlatan qui est assis sur le banc, c’est le banc qui est sous Zlatan ». Que rajouter ? »

 

La dernière question (fine et subtile) porte sur l’image des footballeurs professionnels, prestissimo :

Q — Ils sont plus sains que des ex-président (sic) du FMI ?

R— À coup sûr.

 

Fermez le ban. Imaginer Proust « s’éclater » et pour une saillie aussi navrante que celle attribuée au géant suédois, est aussi peu probable que de le voir « se bidonner » parce que « le nouvel attaché de la légation de Suède » aurait lancé « Comment vas-tu-yau d’poêle ? »… Pauvre Tristane ! Connaître si mal ses grands auteurs et s’autoriser de telles âneries ! Le dit Zlatan a récemment qualifié la France de « pays de merde » qui ne mérite pas le Paris Saint-Germain. De DSK au PSG, Mlle Banon mérite-t-elle le droit de se piquer de littérature ?

Pierre Dac avait bien raison quand il professait : « Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l’ouvrir. »

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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