Les apparentements affligeants de M. Wauquier

Les apparentements affligeants de M. Wauquier

 

Laurent Wauquier a accordé une interview au Point. Elle est sur le site de l’hebdomadaire.

Le député-maire du Puy-en-Velay et secrétaire général de l’UMP explique qu’il « veut en finir avec « le discours guimauve » qui rend les responsables politiques inaudibles ».

Cela ne l’autorise pas à proférer des conneries. J’ai le plus grand respect pour les élus, mais, de grâce, qu’ils s’en tiennent à la politique. M. Wauquier aurait ainsi trouvé grand profit à éviter cette saillie :

« J’apprécie énormément Zemmour. Houellebecq est l’un des grands écrivains de notre siècle, il restera dans les annales comme Marcel Proust car il est le seul à avoir compris l’esprit du temps, il a compris une société qui jusque-là a choisi l’autodestruction. »

Ce Monsieur a fait Normale Sup’ et été reçu premier à l’agrégation d’histoire, mais il me fait plus penser à Joseph Prudhomme qu’à Marc Bloch.

Référence pour référence, je préfère celle choisie par une mystérieuse « thésarde » qui publie son « journal » sur internet (http://culturebox.francetvinfo.fr/des-mots-de-minuit/lettres-ou-ne-pas-etre). On ne sait que son prénom et l’initiale de son nom qui signent ses photos, Anna P. La jeune dame a Proust comme sujet — quel thème de thèse ? elle ne le dit pas — et raconte avec intelligence et humour son existence d’intellectuelle au travail. Ce vendredi matin, elle cite Roland Barthes :

« À la recherche du temps perdu est pour lui « l’œuvre de référence, la mathesis générale, le mandala de toute la cosmogonie – comme l’étaient les Lettres de Mme de Sévigné pour la grand-mère du narrateur, les romans de chevalerie pour don Quichotte […]. »

La mathesis, qui vient du mot grec signifiant la connaissance, c’est la science universelle, l’ensemble des connaissances, et le mandala désigne une figure à valeur mystique et rituelle. En un mot, l’œuvre de Proust est le cercle magique où Barthes, et n’importe quel lecteur après lui, se replonge régulièrement, en une cérémonie quasi-mystique où il puise un ensemble de vérités toujours renouvelées, qui donnent une lumière nouvelle au monde qui l’entoure. »

 

Dans sa première chronique hebdomadaire (Lettres ou ne pas être #1, publiée le 9 mai 2014, à 0 h 21), Anna P. confiait :

« J’ai réalisé que j’avais beau vouloir faire du journalisme, je lisais toujours Proust plutôt que Le Point, donc qu’il fallait peut-être en tirer les conséquences qui s’imposent. »

© Anna P.

© Anna P.

 

Point final.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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