La Recherche réservée aux reclus

La Recherche réservée aux reclus

 

Quand une réputation vous colle à la peau…

Les clichés sur Proust sont universels.

Illustration japonaise : 1Q84 est un roman de Haruki Murakami, dont le nom revient régulièrement pour le Nobel de littérature. Parmi les personnages, Aomamé, 30 ans, thérapeute, professeur d’arts martiaux mais aussi tueuse à gages, et Tamaru, 40 ans, garde du corps homosexuel.

La jeune femme se cache dans un appartement de Tokyo en attendant une nouvelle identité.

C’est à ma nièce Armande que je dois la connaissance de ce dialogue :

*[Tamaru :] — Si vous pensez à d’autres choses dont vous auriez besoin, écrivez-le sur un papier et posez-le sur le comptoir de la cuisine. Et à la prochaine livraison, on veillera à vous l’apporter.

_ Merci. Mais pour le moment, je crois que je n’ai besoin de rien.

— Pas de livres, ou des vidéos, ce genre de choses ?

— Il n’y a rien dont j’ai envie particulièrement.

— Et pourquoi pas À la recherche du temps perdu de Proust ? demanda Tamaru. Si vous ne l’avez pas encore lu, ce serait l’occasion rêvée.

— Est-ce que vous l’avez lu, vous ?

— Non, je ne suis jamais allé en prison. Je n’ai jamais dû rester caché longtemps. Quelqu’un a dit qu’en dehors de ce genre de circonstances, il était difficile de lire ce roman dans son intégralité.

— Vous connaissez quelqu’un qui l’a fait ?

—J’ai certes connu des gens qui sont restés longtemps en détention, mais ils n’étaient pas du style à s’intéresser à Proust.

— Eh bien, je vais essayer. Si vous arrivez à avoir ces livres, ajoutez-les à la prochaine livraison.

— En fait, ils sont déjà prêts », répondit Tamaru.

 

Pour lire heureux, lisons enfermé.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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