À part le temps, qu’est-ce qui est perdu ?

À part le temps, qu’est-ce qui est perdu ?

 

Proust est un grand écervelé. Il perd tout !

La première occurrence du célèbre participe passé sort de la bouche de la tante Flora : « je n’ai pas perdu mon temps non plus ». Le Héros, lui, l’inaugure dans le couloir devant sa chambre en voyant son père approcher le soir du baiser maternel manqué : « Je suis perdu ! ». La suite dans Du côté de chez Swann :

*Un enfant, des êtres, des âmes, la peine (bis), la force d’expansion, l’aspect des feuilles, un sentiment, des enfants, un père, un pays, des incrustations, une rougeur, un coquelicot, l’espoir, la douillette, la foi, une maison, l’espérance, deux clochers, un mémorialiste, l’être, une relation, un reste d’innocence, une indulgence, une cire, une acuité, des petites gens, l’honneur et le charme, le bonheur (bis), l’espoir, un mot, notre mère, une puissance.

Soudain, la flemme m’a saisi, ou plutôt, je me suis interrogé : « Ne suis-je pas en train de perdre mon temps ? » J’ai donc juste noté le nombre de « perdu » dans les autres tomes :

Trente-deux dans À l’ombre des jeunes filles en fleurs, 33 dans Le Côté de Guermantes, 39 dans Sodome et Gomorrhe, 22 dans La Prisonnière, 29 dans La Fugitive.

Saisi d’un remords, j’ai décidé de noter en les précisant tous les « perdu » du Temps retrouvé. C’était bien le moins que je puisse faire pour ce tome-là.

Cela ne m’a pas épuisé : il n’y en a aucun !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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