Occuper Marcel

Occuper Marcel

 

Imaginons Proust occupant un emploi….

Je sais, c’est peu concevable puisqu’il n’a jamais travaillé ailleurs que chez lui, noircissant du papier.

Mais, prolongeons la « petite divagation » lancée par Clopine Trouillefou dans un commentaire de ce blogue (voir La coiffure de Swann) : « quel métier (autre que celui de dandy-écrivain) aurait pu exercer Marcel ? »

 

Dans la vraie vie, il a bien été embauché quelque part, mais on ne l’y a guère vu, pour ne pas dire pas du tout. Un arrêté du 24 juin 1895 l’a nommé troisième attaché à la bibliothèque Mazarine. Il a pris ses fonctions le 1er août, déposant une demande de congé périodiquement renouvelée. La plaisanterie dure près de cinq ans puisque il n’est considéré démissionnaire que le 1er mars 1900. Que le contribuable furieux qui sommeille en nous ne se réveille pas : le poste était « non rémunéré ».

 

Son Héros n’en fiche pas une non plus. On ne le voit pas aller à l’école ni au boulot — les aristos et les bourgeois qui peuplent la Recherche sont tout aussi oisifs. Seul l’écriture l’attire. Son père a bien une idée — « [il] avait toujours désiré que je fusse diplomate » ; sa mère, elle, a une crainte — « ce qu’elle regrettait, c’était moins de me voir renoncer à la diplomatie que m’adonner à la littérature ».

 

Il sera donc pourtant écrivain. C’est l’essence de son œuvre. Mais réfléchissons donc, comme le propose l’amie Clopine, aux métiers que Proust ou son Héros aurait pu exercer.

 

Le concours est lancé. Qui a une idée ? À vous de jouer.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

6 comments to “Occuper Marcel”

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  1. Je propose aviateur, mais il aurait peut-être mieux valu que l’avion ait le pilotage automatique et qu’il ne s’aventure pas au dessus de la mer.

  2. Proust aurait pu être aussi:
    – curé d’une paroisse avec église gothique, occupant ses loisirs à l’étude de l’étymologie des noms de pays,
    – professeur de français et correcteur de compositions françaises,
    – conservateur de musée,
    – guide de musée,
    – maître d’hôtel au Ritz,
    – lecteur du tsar Nicolas II ou du roi Théodose,
    – précepteur d’Eugène Saccomano jeune.

  3. Mais DE NOS JOURS, Pôle Emploi lui aurait certainement dégotté :

    – un poste d’assistant de Stéphane Bern, pour son émission « tu me fais tourner la tête couronnée »
    — de gardien de nuit au musée Carnavalet, très bien noté car « ne s’est jamais endormi pendant son travail »
    – d’animateur de relooking pour dames obèses à la télé(« Ma chériiiiie…Mais non, tu ne PEUX PAS mettre de l’écossais avec du gris perle, voyons »)
    – de webmaster de la rubrique « culture » du site http://www.legaypied.fr

  4. Mince, j’ai inventé une adresse internet, et elle existe vraiment dites donc !

    • Chère Clopine,
      Je vais passer près de chez vous, étant dans le train pour Le Havre où je participe ce soir au festival littéraire Le Goût des autres…

  5. Autre possibilités:
    Pour Proust:
    -Directeur d’un pensionnat de jeunes filles en fleurs, dans ce cadre ne risquant pas de se comporter de façon inappropriée pour parler « contemporainement ».
    -Professeur au Collège de France, chaire de Littérature Moderne et Contemporaine, donc prédécesseur d’Antoine Compagnon.
    Pour le héros:
    – Directeur d’un pensionnat ce jeunes garçons en boutons (boutonneux), dans ce cadre ne risquant pas d’écart, à moins que Proust nous ait caché des choses, on ne sait jamais.

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