Fiche — Coiffeur de Doncières, un

Coiffeur de Doncières, un [III]

Travailleur français

 

Personnage fictif.

Le plus grand coiffeur de la ville de garnison.

Ancien garçon de l’ancien coiffeur de Napoléon III.

 

 

Il a pour clients la capitaine de Borodino et Saint-Loup. Des deux, il préfère le second qui paie rubis sur l’ongle et est riche quand l’autre a des dettes chez lui. Un jour qu’il rase le capitaine, il plaide en faveur du maréchal des logis pour qu’il puisse partir en permission avec sa maîtresse. Indulgent, Borodino signe le soir même. D’habitude vantard, le coiffeur ne parlera jamais de ce service à Robert.

Plus tard, il est rappelé qu’il a insisté auprès du capitaine-prince pour que Saint-Loup puisse se rendre à Bruges avec Rachel.

 

 

*au moment où on croyait que l’amie de Robert irait seule à Bruges, on venait d’apprendre que le capitaine de Borodino, jusque-là d’un avis contraire, venait de faire accorder au sous-officier Saint-Loup une longue permission pour Bruges. Voici ce qui s’était passé. Le Prince, très fier de son opulente chevelure, était un client assidu du plus grand coiffeur de la ville, autrefois garçon de l’ancien coiffeur de Napoléon III. Le capitaine de Borodino était au mieux avec le coiffeur car il était, malgré ses façons majestueuses, simple avec les petites gens. Mais le coiffeur, chez qui le Prince avait une note arriérée d’au moins cinq ans et que les flacons de «Portugal», d’«Eau des Souverains», les fers, les rasoirs, les cuirs enflaient non moins que les shampoings, les coupes de cheveux, etc., plaçait plus haut Saint-Loup qui payait rubis sur l’ongle, avait plusieurs voitures et des chevaux de selle. Mis au courant de l’ennui de Saint-Loup de ne pouvoir partir avec sa maîtresse, il en parla chaudement au Prince ligoté d’un surplis blanc dans le moment que le barbier lui tenait la tête renversée et menaçait sa gorge. Le récit de ces aventures galantes d’un jeune homme arracha au capitaine-prince un sourire d’indulgence bonapartiste. Il est peu probable qu’il pensa à sa note impayée, mais la recommandation du coiffeur l’inclinait autant à la bonne humeur qu’à la mauvaise celle d’un duc. Il avait encore du savon plein le menton que la permission était promise et elle fut signée le soir même. Quant au coiffeur, qui avait l’habitude de se vanter sans cesse et, afin de le pouvoir, s’attribuait, avec une faculté de mensonge extraordinaire, des prestiges entièrement inventés, pour une fois qu’il rendit un service signalé à Saint-Loup, non seulement il n’en fit pas sonner le mérite, mais, comme si la vanité avait besoin de mentir, et, quand il n’y a pas lieu de le faire, cède la place à la modestie, n’en reparla jamais à Robert. (III, 85)

*— J’ai de meilleures nouvelles, me dit-elle [la marquise de Villeparisis] à l’oreille, je crois que cela ne bat plus que d’une aile et qu’ils [Robert et Rachel] ne tarderont pas à être séparés, malgré un officier qui a joué un rôle abominable dans tout cela, ajouta-t-elle. (Car la famille de Robert commençait à en vouloir à mort à M. de Borodino qui avait donné la permission pour Bruges, sur les instances du coiffeur, et l’accusait de favoriser une liaison infâme.) (III, 150)

 

 


CATEGORIES : Commerçant, Personnage fictif/ AUTHOR : patricelouis

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