La coiffure de Swann

La coiffure de Swann

 

Il suffit de demander… (bis)

Un internaute que je ne connais que comme « fetiveau » me lance un défi (bis) :

« On se demande comment étaient taillées les brosses à cette époque pour qu’elles puissent se déranger « en wagon », à moins qu’il n’y eut vraiment de gros courants d’air.
 »

 

Il pose la question après ma fiche « Le coiffeur de Swann » dont le fer redresse la « brosse » de son client qui ne veut pas qu’elle soit dérangée en train.

Or, il se trouve — ça tombe bien — que Proust nous livre une indication, toujours dans Du côté de chez Swann sur le haut du crâne de l’ami de la famille du Héros à Combray : « un haut front entouré de cheveux blonds presque roux, coiffés à la Bressant ».

 

La précision est précieuse. Prosper Bressant (1815-1886) est comédien, sociétaire de la Comédie française à partir de 1854, où il joue souvent les amoureux. Il se retire à soixante ans. Il introduit une nouvelle coupe de cheveux, en brosse sur le devant et longs derrière. On parle alors de coiffe « à la Bressant ».

1 Bressant, Coupe à la - copie

 

Sachant que Charles Swann est inspiré par Charles Haas, en présentant des photos de ce dernier et de Bressant, on peu avoir une idée de ce à quoi ressemblait le châtelain de Tansonville.

Bressant

Bressant

 

3 Bressant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haas

Haas

4 Haas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Honnêtement, ces portraits ne sont pas très probants, mais c’est tout ce que j’ai !

 

« fetiveau » me demande aussi : « y-avait-il à cette époque des trains directs de Paris à Illiers ? Rien n’empêche bien sûr que Proust en ait créé une de Paris à Combray. »

Réponse : Non. Comme aujourd’hui, il fallait changer à Chartres. La ligne secondaire menant à Illiers aurait été créée par Napoléon III pour faciliter ses visites à sa maîtresse de Mirougrain. Mais c’est une autre histoire.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

6 comments to “La coiffure de Swann”

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  1. Pour moi, la brosse typique est celle d’Eric Von Stoheim dont on imagine mal qu’elle eut pu se déranger « en wagon »

  2. Perso, la « brosse dérangée en wagon » évoque pour moi une tête, non « dans » le wagon, mais à la portière, là où le vent souffle effectivement fort…

  3. Si je peux me permettre, « Fétiveau » qui intriguez tant notre hôte (mais qui êtes-vous donc ?) Stroheim, encore plus que la brosse, c’était la nuque. Parfois minervée (comme un avertissement : faut pas minerver !, mais toujours d’un raide fleurant bon le militaire.
    En France, nous avions, dans le genre, Jacques Dufilho. Malgré des opinions politiques et des univers franchement différents, je l’aimais beaucoup – comme un oncle grincheux…

  4. Il se peut aussi que Swann, ayant décidé de partir au dernier moment, n’ait trouvé de place que dans un wagon à bestiaux, en plein courant d’air.

  5. Mon cher Fétiveau, là, je ne peux plus vous suivre. Swann dans un wagon à bestieux ? Et pourquoi pas Marcel en vendeur de saucissson ?

    … D’ailleurs, ce pourrait être l’objet d’une petite divagation : quel métier (autre que celui de dandy-écrivain) aurait pu exercer Marcel ?

    • Amusant : je prépare une série : « 50 exemples de ce que Proust n’a jamais fait ». Les 2 premiers : N’a pris le métro, même en 1ère classe ; N’a soulevé des haltères, même en métal précieux…

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