Le Narrathon

Le Narrathon

 

Oui, c’est une vraie course de fond… Mais elle ne se dispute pas à pied.

Dans une semaine tout juste, les rues d’Illiers-Combray vont résonner des mots de Marcel Proust. Le défi est beau, l’expérience exaltante, le risque nul.

Les prophètes de malheur m’ont bien mis en garde : Les habitants seront rétifs.

Et pourquoi donc le seraient-ils ? À la Recherche du Temps perdu a beau être précédée d’une réputation d’œuvre difficile, pourquoi ne trouverait-elle pas d’écho précisément dans la cité connue du monde entier grâce à elle ? Ils ne sont pas différents des autres mortels. Si Proust vient à eux, ils sauront se montrer ouverts, voire accueillants.

Tel est en tout cas le pari que j’ai fait en proposant un Narrathon aux organisateurs locaux du Téléthon, cette belle cause qui mobilise tous les ans. Ils ont décidé de le partager et voilà comment, du vendredi 5 décembre au dimanche 7, je vais me promener dans les rues de la commune, Du côté de chez Swann à la main.

L’idée est d’engager la lecture du roman à voix haute et d’inviter le public croisé, non seulement à écouter cette prose magique — si liée au demeurant à Illiers-Combray —, mais à prendre le relais. Chacune et chacun est invité à lire une phrase, un paragraphe, une page proustiens (certes, ce masculin pluriel n’est pas joli, mais c’est la règle).

D’un arrêt à l’autre, nous tournerons les pages et verrons, dimanche à midi combien nous en aurons feuilletées, lues, partagées. Je serai accompagné de bénévoles qui inciteront les passants à joindre leur voix et qui tendront la sébile car il faut garder en tête la dimension charitable du Téléthon et du Narrathon, son fil rouge à Illiers-Combray, associé à d’autres belles initiatives.

375 Téléthon

 

Au Narrathon, il peut n’y avoir pas grand’monde, ce ne sera jamais la foule, mais l’opération, originale, est bien séduisante. Si vous ne pouvez vous joindre à nous, adressez-nous vos encouragements, ils nous feront du bien. D’ores et déjà, mon ami Patrick Poivre d’Arvor, qui aurait aimé venir mais en est empêché, m’a envoyé l’enregistrement d’une phrase — et pas la moindre, celle dite « des chambres » riche de 486 mots. Placée dans les premières pages de Du côté de chez Swann, elle sera diffusée dès les premières minutes du Narrathon qui commencera à l’Office de Tourisme du Pays de Combray.

 

Voici le parcours programmé (sous réserve d’ajouts et modifications) :

Vendredi 5

10 h : Office de Tourisme du Pays de Combray, place Maunoury

10 h 30 : Marché, place Maunoury

11 h : Phildar, rue des Trois Maries

11 h 30 : Café de la Place, place de l’Église

12 h 30 : Collège Marcel Proust, avenue Clemenceau

14 h 30 : Cycles Chauveau, rue de Beauce

16 h : Médiathèque, les Gloriettes

16 h 45 : Penfornis Couture, avenue du Général de Gaulle

17 h 05 : Gare SNCF, avenue du 11-Novembre

17 h 30 : Intermarché, avenue Marcel Proust

19 h : Ratathon, Salle des Fêtes

22 h : Office de Tourisme du Pays de Combray, place Maunoury (« Nocturne »)

Samedi 6

10 h : Office de Tourisme du Pays de Combray, place Maunoury

10 h 15 : Bricathon, Maison des Associations

10 h 45 : Mairie, rue Philebert Poulain

11 h : Médiathèque, les Gloriettes

11 h 30 : Bricomarché, avenue Marcel Proust

13 h : La Toscane, rue Florent d’Illiers

13 h 30 : Départ Marche, Maison des Associations

14 h : Maison de tante Léonie

17 h : Arrivée Marche, Maison des Associations

 

Dimanche 7

10 h : Office de Tourisme du Pays de Combray, place Maunoury

10 h 30 : Intermarché, avenue Marcel Proust

11 h 30 : Bricathon, Maison des Associations

12 h : Place de l’Église

 

Pour nous montrer dignes du public, mes accompagnateurs et moi, nous serons costumés en tenues d’époque (grâce aux trésors de Roselyne Grenier). Pour un Narrathon, comme pour un Marathon, il est important d’être bien chaussés. Admirez mes bottines :

375 Bottines

 

Dans les jours qui viennent, je vous ferai connaître d’autres pièces qui m’offriront une allure proustienne.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

5 comments to “Le Narrathon”

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  1. Le temps est TROP clément ! Pour l’occasion, vous auriez dû vous munir de snow-boots !

    En tout cas, quelle belle initiative proustienne : je vous souhaite un bon narrathon !

  2. plein de passants iront donc racontant…. Super ! bonne route et bonne lecture.

  3. Dear Patrice~
    If it snows, will you follow the Narrator’s practical footwear habit…and wear your « caoutchoucs américains? »

    « Dans le vestibule où je demandai à un valet de pied mes snow-boots, que j’avais pris par précaution contre la neige, dont il était tombé quelques flocons vite changés en boue, ne me rendant pas compte que c’était peu élégant, j’éprouvai, du sourire dédaigneux de tous, une honte qui atteignit son plus haut degré quand je vis que Mme de Parme n’était pas partie et me voyait chaussant mes caoutchoucs américains. La princesse revint vers moi. « Oh ! quelle bonne idée, s’écria-t-elle, comme c’est pratique ! voilà un homme intelligent. Madame, il faudra que nous achetions cela », dit-elle à sa dame d’honneur, tandis que l’ironie des valets se changeait en respect et que les invités s’empressaient autour de moi pour s’enquérir où j’avais pu trouver ces merveilles. « Grâce à cela, vous n’aurez rien à craindre, même s’il reneige et si vous allez loin ; il n’y a plus de saison », me dit la princesse. » MP

  4. Message

  5. Dear Marcelita,
    Il ne neigera pas. Le seul risque, c’est qu’il pleuve, mais cela n’entamera pas ma joyeuse volonté et je ne chercherai pas à m’en protéger. Je suis comme Bloch et comme Mme Goupil :
    Lui : « — Je ne me laisse jamais influencer par les perturbations de l’atmosphère ni par les divisions conventionnelles du temps. Je réhabiliterais volontiers l’usage de la pipe d’opium et du kriss malais, mais j’ignore celui de ces instruments infiniment plus pernicieux et d’ailleurs platement bourgeois, la montre et le parapluie. »
    Elle : « ma tante Léonie devisait avec Françoise en attendant l’heure d’Eulalie. Elle lui annonçait qu’elle venait de voir passer Mme Goupil « sans parapluie, avec la robe de soie qu’elle s’est fait faire à Châteaudun. Si elle a loin à aller avant vêpres elle pourrait bien la faire saucer ». »
    Dans un tel projet, ce n’est pas le ciel qui va faire la loi. Proust m’est un refuge sûr…

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