Modiano voleur de Proust

Modiano voleur de Proust

 

Patrick Modiano en Marcel Proust de notre temps ? L’Académie Nobel l’affirmait pour justifier son prix 2014 (voir la chronique Proust prix Nobel).

Avant de se mettre à écrire, le romancier (celui qui est notre contemporain) s’est fait voleur — oh, pas de haut vol — ni Darien ni Lupin — , mais en connaisseur. C’est mon jeune frère, Olivier, qui me signale ce passage d’Un pedigree, autobiographique, paru en 2005 chez Gallimard :

 

« Nous n’avions pas un sou, cet après-midi-là. Tout juste la menue monnaie que m’avait remise l’épicier de la rue Dauphine contre des bouteilles en consigne. C’était l’époque où la baguette coûtait quarante-quatre centimes. Par la suite, j’ai volé des livres chez des particuliers ou dans des bibliothèques. Je les ai vendus car je manquais d’argent. Un exemplaire du premier tirage de Du côté de chez Swann édité chez Grasset, une édition originale d’Artaud dédicacé à Malraux, des romans dédicacés par Montherlant, des lettres de Céline, un Tableau de la maison militaire du roi publié en 1819, une édition clandestine de Femmes et Hombres de Verlaine, des dizaines de Pléiade et d’ouvrages d’art… À partir du moment où j’ai commencé à écrire, je n’ai plus commis le moindre larcin. »

 

La littérature comme une rédemption !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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