Hue cocotte (6) : le landau

Tags :

Landau

 

Le landau est une voiture attelée à quatre roues et quatre places en vis-à-vis, plus deux strapontins, à double capote mobile. Il peut être attelé à deux ou à quatre chevaux. C’est une évolution de la calèche dans le sens de l’élégance et de l’aspect pratique.

Sa caisse descend assez bas, de sorte que son accès est aisé pour les passagers. Une autre particularité réside dans le perfectionnement de la capote, qui peut se rabattre totalement à l’horizontale, offrant ainsi la vue et l’air aux passagers. Il possède des suspensions et une direction par cheville ouvrière. Il est conduit par un cocher assis sur un siège avant solidaire de la caisse.

Créé en Allemagne, dans la ville de Landau in der Pfalz dont il tire son nom, il est introduit en Angleterre en 1747 et devient à la mode en France à partir de 1850.

07 Landau

 

*Mais, à d’autres moments, sa douleur le reprenait, il [Swann] s’imaginait qu’Odette était la maîtresse de Forcheville et que quand tous deux l’avaient vu, du fond du landau des Verdurin, au Bois, la veille de la fête de Chatou où il n’avait pas été invité, la prier vainement, avec cet air de désespoir qu’avait remarqué jusqu’à son cocher, de revenir avec lui, puis s’en retourner de son côté, seul et vaincu, elle avait dû avoir pour le désigner à Forcheville et lui dire : « Hein ! ce qu’il rage ! » les mêmes regards, brillants, malicieux, abaissés et sournois, que le jour où celui-ci avait chassé Saniette de chez les Verdurin. I

 

*Ce ne fut pas seulement à ces goûters, à cause desquels j’avais eu autrefois la tristesse de voir Gilberte me quitter et rentrer plus tôt, que désormais je pris part, mais les sorties qu’elle faisait avec sa mère, soit pour aller en promenade ou à une matinée, et qui en l’empêchant de venir aux Champs-Élysées m’avaient privé d’elle, les jours où je restais seul le long de la pelouse ou devant les chevaux de bois, ces sorties maintenant M. et Mme Swann m’y admettaient, j’avais une place dans leur landau et même c’était à moi qu’on demandait si j’aimais mieux aller au théâtre, à une leçon de danse chez une camarade de Gilberte, à une réunion mondaine chez des amies des Swann (ce que celle-ci appelait « un petit meeting ») ou visiter les Tombeaux de Saint-Denis. II

 

*Nous redescendions la côte ; alors nous croisions, la montant à pied, à bicyclette, en carriole ou en voiture, quelqu’une de ces créatures — fleurs de la belle journée, mais qui ne sont pas comme les fleurs des champs, car chacune recèle quelque chose qui n’est pas dans une autre et qui empêchera que nous puissions contenter avec ses pareilles le désir qu’elle a fait naître en nous —, quelque fille de ferme poussant sa vache ou à demi couchée sur une charrette, quelque fille de boutiquier en promenade, quelque élégante demoiselle assise sur le strapontin d’un landau, en face de ses parents. II

 

*— Nom d’une pipe, j’ai dû perdre mon billet, je ne le retrouve pas », s’écria Cottard sans s’inquiéter d’ailleurs outre mesure. Il savait qu’à Douville, où deux landaus allaient nous attendre, l’employé le laisserait passer sans billet et ne s’en découvrirait que plus bas afin de donner par ce salut l’explication de son indulgence, à savoir qu’il avait bien reconnu en Cottard un habitué des Verdurin. IV

 

Demain, la victoria.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

Comments are closed.

Articles populaires

Abonnez-vous

Un flux RSS proustien pour recevoir tous les articles du Fou de Proust
Et également sur et