Hue cocotte (14) : le cocher

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Fouette, cocher !

 

Le cocher est le conducteur, assis sur un siège, d’une voiture hippomobile. Il exerce une activité rémunérée pour le compte d’un employeur, ou pour son propre compte. Il conduit à partir de la voiture, assis sur un siège généralement placé à l’avant de la voiture, mais qui peut aussi être situé à l’arrière, comme sur le cab britannique.

À partir du XVIIIe siècle et sous l’influence anglaise, des voitures légères, tels les cabriolets, sont conduites par leurs propriétaires eux-mêmes, et ne nécessitent donc plus de cochers et, par conséquent, de sièges pour les cochers. Parfois, comme dans la victoria, le siège du cocher est amovible, selon que la voiture est conduite par un cocher, ou par le propriétaire sur le siège principal.

Le cocher est un personnage important, surtout à l’époque des grandes diligences qui assurent des services réguliers entre les grandes villes. C’est lui qui détient toute autorité sur l’organisation du voyage, qui règle la marche, qui fait descendre les voyageurs dans les montées ou les passages délicats. Il a la prééminence sur les postillons.

19 Cocher et groom

 

 

 

 

 

18 Cocher de fiacre

17 Cocher 1

La dame en rose, Mme Swann  en a un ainsi qu’un groom.

Celui de Swann s’appelle Rémi ; celui des Verdurin, Howsler.

La famille du Héros.

Le docteur Percepied.

Les Cambremer.

Charlus en drague un.

 

Le singe ou groom : en attelage, c’est le coéquipier du meneur. Ainsi, à l’arrêt, il tient les chevaux à la tête le temps que le meneur s’installe et descende de la voiture.

 

 

Au bois de Boulogne, le Héros jeune pense à lui en voyant le petit groom qui accompagne le gros cocher de la victoria de Mme Swann.

 

*je voyais enfin, débouchant de l’allée qui vient de la Porte Dauphine — image pour moi d’un prestige royal, d’une arrivée souveraine telle qu’aucune reine véritable n’a pu m’en donner l’impression dans la suite, parce que j’avais de leur pouvoir une notion moins vague et plus expérimentale — emportée par le vol de deux chevaux ardents, minces et contournés comme on en voit dans les dessins de Constantin Guys, portant établi sur son siège un énorme cocher fourré comme un cosaque, à côté d’un petit groom rappelant le « tigre » de « feu Baudenord », je voyais — ou plutôt je sentais imprimer sa forme dans mon cœur par une nette et épuisante blessure — une incomparable victoria, à dessein un peu haute et laissant passer à travers son luxe «dernier cri» des allusions aux formes anciennes, au fond de laquelle reposait avec abandon Mme Swann, ses cheveux maintenant blonds avec une seule mèche grise ceints d’un mince bandeau de fleurs, le plus souvent des violettes, d’où descendaient de longs voiles, à la main une ombrelle mauve, aux lèvres un sourire ambigu où je ne voyais que la bienveillance d’une Majesté et où il y avait surtout la provocation de la cocotte, et qu’elle inclinait avec douceur sur les personnes qui la saluaient. (I, 298)

[Le « tigre » évoqué est un personnage d’Honoré de Balzac dans La Maison Nucigen (1837) et Les Secrets de la princesse de Cadignan (1839). C’est un jeune Irlandais nommé Toby, Joby ou Paddy.]

 

Allez, c’est fini. On rentre à l’écurie.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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