Calmos avec Proust

Calmos avec Proust

 

Les films de Bertrand Blier n’ont jamais brillé par une fraîcheur raphaélique… « Calmos » (1976) est une bonne jauge d’un esprit franchouillard à la misogynie grinçante.

Quel rapport avec Proust ? Il y en a, hélas, un : la farce grasse raconte deux compères (Jean-Pierre « Paul » Marielle et Jean « Albert » Rochefort) qui en ont soupé des femmes et trouvent refuge dans un village où un curé (Bernard Blier) les amène dans le bon chemin réduit à la bonne chère. Au final, la gente féminine gagnera la guerre des sexe. À ce stade, c’est de l’humour gras.

Proust, donc. Dans une tirade signée par le réalisateur, Marielle profite de son havre pour déverser son fiel machiste en s’adressant à un adolescent :

350 Calmos

 

— Le piège classique : les premières chaleurs du printemps, on commence à s’émouvoir sous l’édredon, une blouse un peu étroite qui ne demande qu’à s’ouvrir, les mains s’égarent, c’est chaud, c’est doux, ça sent le café, le savon de Marseille… Et à quarante ans on est une épave. C’est ça que tu veux ? — Non M’sieur. — J’ai jamais pu terminer Proust. Tu sais qui c’est, Proust ? — Oui, M’sieur. — J’ai jamais dépassé « Un amour de Swann », parce que, figure-toi, qu’à chaque fois que j’essayais d’ouvrir le tome quatre, on aurait dit que ça déclenchait un disque : « Paul, mon p’tit Paul, on éteint ? » Tous les soirs pendant vingt ans, et on appelle ça lez devoir conjugal ! »

 

Proust ne méritait pas ça.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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