Adieu à la duchesse d’Albe

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Adieu à la duchesse d’Albe

 

Elle s’appelait María del Rosario Cayetana Paloma Alfonsa Victoria Eugenia Fernanda Teresa Francisca de Paula Lourdes Antonia Josefa Fausta Rita Castor Dorotea Santa Esperanza Fitz-James Stuart y Falcó de Silva y Gurtubay.

 

Cette aristocrate espagnole est décédée aujourd’hui, à 88 ans, au Palacio de Duenas, sa résidence de Séville.

 

Très populaire, la fantasque duchesse aux cheveux blancs frisés accumulait plus de quarante  titres de noblesse qui faisaient d’elle la plus titrée du monde, selon le Guinness Book des records. Elle était cinq fois duchesse, dix-huit fois marquise, vingt fois comtesse, vicomtesse, comtesse-duchesse et connétable, en plus d’être quatorze fois Grand d’Espagne.

(1926-2014)

(1926-2014)

 

La défunte descendait d’un personnage de Proust.

La Fugitive raconte qu’à la veille de la déclaration de guerre de 1870, un dîner que la duchesse d’Albe doit partager avec Napoléon III est décommandé par l’empereur, son beau-frère. Le journal français qui l’annonce en « dernière heure » précise que c’est pour tenir conférence avec Norpois, le ministre de la Guerre et Bazaine. Selon le quotidien, la mesure accompagnée d’un passage des troupes en revue a favorablement impressionné.

Cette duchesse-là s’appelait María Francisca de Sales, dite Paca. Sœur aînée de l’impératrice Eugénie, elle avait épousé, en 1849, Jacobo Fitz-James Stuart, duc d’Albe.

(1825-1860)

(1825-1860)

 

Il existe des ducs d’Albe de Tormes, seigneurs d’Alba de Tormes en Castille depuis 1429.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

L’extrait :

*Dernière heure : « Sa Majesté l’Empereur a quitté ce matin Compiègne pour Paris afin de conférer avec le marquis de Norpois, le ministre de la Guerre et le maréchal Bazaine en qui l’opinion publique a une confiance particulière. S. M. l’Empereur a décommandé le dîner qu’il devait offrir à sa belle-sœur la duchesse d’Albe. Cette mesure a produit partout, dès qu’elle a été connue, une impression particulièrement favorable. L’Empereur a passé en revue les troupes, dont l’enthousiasme est indescriptible. Quelques corps, sur un ordre de mobilisation lancé dès l’arrivée des souverains à Paris, sont, à toute éventualité, prêts à partir dans la direction du Rhin. » (VI, 156)

 

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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