Fiche — Sert, José-Maria

Sert, José-Maria [V, VI]

Décorateur étranger

 

Personnage réel.

(1876-1945) Âge Proust — 5 ans.

 

Espagnol.

Fils d’un célèbre tapissier catalan.

Époux de Marie Sophie Olga Zénaïde Godebska, dite Misia, mécène et muse du Tout-Paris, puis d’Isabelle Roussadana, « princesse » géorgienne.

 

Il est aussi peintre.

Il travaille pour Serge de Diaghilew et pour Richard Strauss.

Pour le premier, il réalise des décors des ballets russes pour le second, ceux de La Légende de Joseph, ballet (1914) avec un livret de Hugo von Hofmannsthal et Harry Graf Kessler.

 

Le Héros prend l’exemple de ses décors des ballets russes pour montrer l’originalité et la force d’évocation des robes de Fortuny.

Il parle du ballet de Strauss comme d’une œuvre « éblouissante », rappelant un tableau de Carpaccio.

 

 

*ces robes, si elles n’étaient pas de ces véritables robes anciennes, dans lesquelles les femmes aujourd’hui ont un peu trop l’air costumées et qu’il est plus joli de garder comme pièces de collection (j’en cherchais, d’ailleurs, aussi de telles pour Albertine), n’avaient pas non plus la froideur du pastiche, du faux ancien. À la façon des décors de Sert, de Bakst et de Benoist, qui, à ce moment, évoquaient dans les ballets russes les époques d’art les plus aimées — à l’aide d’œuvres d’art imprégnées de leur esprit et pourtant originales — ces robes de Fortuny, fidèlement antiques mais puissamment originales, faisaient apparaître comme un décor, avec une plus grande force d’évocation même qu’un décor, puisque le décor restait à imaginer, la Venise tout encombrée d’Orient où elles auraient été portées, dont elles étaient, mieux qu’une relique dans la châsse de Saint-Marc évocatrice du soleil et des turbans environnants, la couleur fragmentée, mystérieuse et complémentaire. (V, 254)

5 254 (1) Sert, José-Maria

 

*mes yeux allaient du vieux Rialto en bois à ce Ponte Vecchio du XVe siècle aux palais de marbre ornés de chapiteaux dorés, revenaient au Canal où les barques sont menées par des adolescents en vestes roses, en toques surmontées d’aigrettes, semblables à s’y méprendre à tel qui évoquait vraiment Carpaccio dans cette éblouissante Légende de Joseph de Sert, Strauss et Kessler.  (VI, 162)

Sert, Légende de Joseph

Sert, Légende de Joseph

 

 

 

 

 

 


CATEGORIES : Etranger, Personnage réel, Scène/ AUTHOR : patricelouis

Comments are closed.

Articles populaires

Abonnez-vous

Un flux RSS proustien pour recevoir tous les articles du Fou de Proust
Et également sur et