Once upon a time in Proust

Once upon a time in Proust

 

De l’influence de Marcel Proust sur Sergio Leone… — Ça y est, le Blogobole délire encore !

 

Je regardais paresseusement hier Il était une fois l’Amérique, ultime film du cinéaste italien quand une réplique a retenti dans mes oreilles :

—  Moe « Fat » Gelly : What have you been doing all these years ?

—  David « Noodles » Aaronson : I’ve been going to bed early.

Robert "Noodles" de Niro

Robert « Noodles » de Niro

 

Même si c’est cela paraît extravagant à propos du père du western spaghetti, la référence à la première phrase d’À la Recherche du Temps perdu ne peut être fortuite.

 

Je me suis d’abord précipité sur internet pour m’assurer de la traduction anglaise de « Longtemps je me suis couché de bonne heure ».

J’ai été servi :

*For a long time, I went to bed early.

*For a long time, I used to go to bed early.

*For a long time, I would go to bed early.

Et, bingo :

*For a long time, I’ve been going to bed early.

 

Quoiqu’incrédule, mon intuition étant affermie, j’ai poursuivi mes recherches trouvant nombre de correspondances :

*On peut parler de film proustien. Le Ciné-club de Caen

*Le film de Leone est ouvertement proustien. Agora Vox

*Longue de 3 h 49, l’histoire de ces deux gangsters juifs est une élégie funèbre qui doit autant à Proust et La Recherche du temps perdu qu’à la tradition hollywoodienne. M le magazine du Monde

*Comme chez Marcel Proust, la mécanique du temps brouille les pistes et perturbe tous les sens. L’Express

*… à la fin du film, où le visage de Deborah, dissimulé sous son maquillage d’actrice, semble avoir échappé à l’emprise du temps. Olivier Père, directeur général délégué d’ARTE France Cinéma

*À bien des égards, Il était une fois en Amérique est un film proustien. Comme pour À la recherche du temps perdu, le personnage se souvient de bribes de son passé, mais il ne s’agit pas d’un récit parfaitement net et linéaire. Il s’agit bien plus de sensations, comme chez Marcel Proust : quand Noodles revient dans les années 1960 dans le bar qui a servi de QG à sa bande de gangsters, il retourne dans les toilettes pour regarder à travers le trou qu’il avait aménagé dans la cloison. Ce trou lui permettait d’espionner la sœur de son ami Moe pendant qu’elle dansait et de refaire le geste vieux lui rappelle ses premiers émois, dans les années 1920. Ce geste correspond à la madeleine du narrateur de Proust et c’est alors tout le reste qui remonte à la surface. À voir et à manger, Chez Nicoflo

 

Si je vois Proust partout, c’est parce qu’il s’y trouve !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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